Des sources locales jointes par l'AFP avaient déjà précisé à l'AFP que les assaillants étaient des +Koglweogo+, "des groupes d'autodéfense qui agissent en représailles aux attaques jihadistes" alors que le gouvernement avait évoqué des "hommes armés non identifiés", promettant une enquête. "Amnesty International s'est entretenue avec sept témoins clés locaux et des victimes ayant survécu aux attaques dans les villages de Dinguila-Peulh, Barga et Ramdolla-Peulh, qui ont clairement déclaré que les +Koglweogo+ sont responsables du massacre", selon le communiqué. "Ils (les Koglewogo) ont ouvert le feu et tué sans discrimination les villageois, incendié des habitations et des biens", selon le texte. Ces "attaques se sont déroulées dans le contexte de la promulgation (...) de la loi (qui) permet de mobiliser des volontaires au niveau local pour renforcer les opérations militaires du gouvernement", souligne l'ONG."Les Koglweogo sont entrés dans le village au petit matin du 8 mars, vers 05h30, et ont ouvert le feu, tuant environ 24 villageois, dont deux personnes âgées. Ils ont dépouillé certains morts de leur argent", a rapporté un villageois à Amnesty."Ils ont poursuivi ensuite vers Barga, où ils ont continué de semer la mort, puis vers Ramdolla-Peulh, où ils ont incendié des habitations. Les forces de sécurité sont arrivées dans l'après-midi. Le lendemain, deux ministres se sont rendus dans le village et nous avons pu enterrer nos morts", a-t-il ajouté."Les Koglweogo sont arrivés à moto et ont ouvert le feu sur tous les hommes. J'ai dit à mes deux fils de guider notre troupeau et de fuir. J'étais sur ma moto et j'ai vu tout à coup un Koglweogo. Il a parlé à mon fils aîné, a pointé son arme sur lui et lui a tiré dessus. Mon fils s'est effondré et l'homme a poursuivi son chemin", a raconté un autre témoin, dont le fils a eu la mâchoire fracassée par la balle.L'opposition a exigé une "enquête indépendante", après les attaques. Le nord du Burkina Faso est en proie à de fréquentes attaques jihadistes. A l'instar du Mali, du Niger, du Nigeria et même de la Côte d'Ivoire, les tensions y dégénèrent périodiquement en violences entre communautés agricoles et Peuls éleveurs, souvent nomades, présents dans toute l'Afrique de l'Ouest et bien au-delà. Les groupes jihadistes qui ont tué plus de 800 personnes depuis 2015 au Burkina recrutant notamment parmi les Peuls, les amalgames sont fréquents entre cette communauté et les jihadistes. Ces derniers attisent d'ailleurs ces tensions, et les représailles contre les villageois peuls se sont multipliées en 2019.
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