La police libyenne a dispersé par la force dans la nuit de mardi à mercredi un sit-in contre le pouvoir à Benghazi (est), faisant 38 blessés, une intervention suivie de manifestations en faveur du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans plusieurs villes du pays.
Trente-huit personnes ont été blessées dans des affrontements à Benghazi, deuxième ville du pays située à 1.000 km à l'est de Tripoli, entre des manifestants et les forces de l'ordre, selon le directeur de l'hôpital Al-Jala de Benghazi, Abdelkarim Guebaili.
Selon une source libyenne bien informée, les autorités ont lancé mercredi une "campagne d'interpellations" à Benghazi, bastion des opposants du régime, "parmi les activistes", a indiqué cette source qui n'était pas en mesure de donner plus de détails.
Dans une première réaction, l'Union européenne a appelé Tripoli à autoriser "l'expression libre" et à éviter "toute violence".
Ces manifestations interviennent à la veille d'une "journée de colère" libyenne prévue jeudi, selon des appels lancés sur Facebook.
Les comités révolutionnaires, épine dorsale du régime libyen dirigé d'une main de fer depuis 42 ans par le colonel Kadhafi, ont prévenu mercredi qu'ils ne permettraient pas à "des groupes s'activant la nuit de piller les acquis du peuple et de menacer la sécurité du citoyen et la stabilité du pays".
Les forces de l'ordre sont intervenues, selon le journal libyen Quryna, pour mettre fin à des affrontements entre des partisans du colonel Kadhafi et des "saboteurs" parmi des manifestants.
Ces derniers s'étaient rassemblés pour réclamer la libération d'un avocat représentant des familles de prisonniers tués en 1996 dans une fusillade dans la prison d'Abou Salim à Tripoli, qui avait fait plus de 1.000 morts.
L'avocat, Fethi Tarbel, a été arrêté brièvement selon Quryna "pour avoir répandu une rumeur selon laquelle la prison était en feu".
En dépit de cette remise en liberté, les manifestants "auxquels se sont jointes des personnes munies d'armes blanches et de cocktails molotov" ont marché jusqu'au centre-ville, où "ils ont incendié et endommagé des voitures, essayé de détériorer des biens publics, bloqué la route et jeté des pierres", selon Quryna.
Selon des sources concordantes, des slogans ont été scandés contre le régime: "Benghazi réveille-toi, c'est le jour que tu attendais", "le sang des martyrs n'est pas versé en vain", ou encore "le peuple veut faire tomber la corruption".
Pour faire face aux manifestants, des associations pro-Kadhafi ont organisé une marche, "mais une poignée de saboteurs cherchant à semer la zizanie et à perturber la stabilité du pays leur ont lancé des pierres", ce qui provoqué des heurts entre les deux camps, a affirmé le journal.
Des centaines de manifestants pro-régime ont ensuite défilé à Benghazi, Syrte (est), Sebha (sud) et Tripoli, selon des images de le télévision d'Etat montrant de manifestants brandissant des drapeaux et des photos du colonel Kadhafi et scandant des slogans à sa gloire.
Dans une pétition reçue lundi par l'AFP, plus de 200 signataires et des organisations d'opposition libyennes basées à l'étranger ont souligné "le droit du peuple libyen d'exprimer son opinion" et appelé le colonel Kadhafi et sa famille à quitter le pouvoir.
A la veille de la "journée de la colère", les autorités libyennes ont libéré mercredi 110 islamistes du Groupe islamique de combat libyen (Gicl), portant à plus de 360 le nombre total des "prisonniers politiques" relâchés depuis mars.
Parmi les détenus libérés figurent trois dirigeants du Gicl, a précisé le président de la Ligue libyenne des droits de l'homme, Mohamed Torniche, précisant toutefois que cette libération correspondait à "une échéance arrêtée depuis plusieurs mois".
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