Ouganda: 10 policiers chargés d'appliquer le couvre-feu, inculpés pour torture

Infos. Dix policiers ougandais, accusés d'avoir forcé un groupe de femmes à se frotter de la boue sur les parties génitales pour les punir d'avoir contrevenu au couvre-feu en vigueur pour lutter contre le nouveau coronavirus, ont été inculpés mardi devant un tribunal pour "torture aggravée".

Ouganda: 10 policiers chargés d'appliquer le couvre-feu, inculpés pour torture
L'incident a eu lieu le 2 avril à Elegu (nord), à la frontière avec le Soudan du Sud, deux jours après l'instauration d'un couvre-feu nocturne destiné à ralentir la propagation du coronavirus.Les policiers ont comparu mardi devant le tribunal de Gulu (nord) sous le chef d'accusation de "torture aggravée" envers 38 personnes et ont été maintenus en détention jusqu'au 7 mai, a annoncé la police ougandaise sur son compte Twitter.Lundi, le porte-parole de la police, Fred Enanga, avait annoncé qu'une commission d'enquête conjointe entre la police et l'armée allait être ouverte "sur les accusations de torture aggravée de plusieurs femmes et quelques hommes accusés de ne pas avoir respecté le couvre-feu".M. Enanga avait reconnu que les forces de sécurité avait adopté "une approche brutale pour disperser" ces femmes, qui selon un média local, Uganda Radio Network, étaient des prostituées."Les policiers en patrouille ont ouvert les portes à coups de pied et traîné dehors les occupants, dont certains sont tombés sur des surfaces boueuses. Plusieurs femmes vulnérables et quelques hommes ont été blessés au passage", avait expliqué M. Enanga.Les victimes ont raconté ce qui s'était passé à la propriétaire des logements, qui a pris des photos de leurs blessures, selon M. Enanga. Celle-ci a raconté aux médias locaux que les femmes avaient été forcées par les policiers à se rouler dans la boue et à en couvrir leurs parties génitales.Sept hommes ont aussi été agressés par les policiers et l'un d'entre eux est soigné dans un hôpital militaire avec "d'importantes blessures", avait précisé M. Enanga.Dans un communiqué daté du 2 avril, Human Rights Watch avait accusé les forces de sécurité ougandaises d'utiliser "une force excessive, incluant les passages à tabac, les coups de feu et la détention arbitraire" pour faire appliquer les mesures de prévention du coronavirus.str-cyb/sba

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