"Au cours de la semaine dernière, des rapports ont fait état de décès mystérieux dans notre État de Kano et je tiens à vous assurer que les enquêtes sont déjà en cours", a écrit le gouverneur de l'État, Abdullahi Umar Ganduje, sur Twitter. "Jusqu'à présent, rien ne peut certifier qu'ils soient liées à COVID-19", a-t-il ajouté. Dimanche, le ministre local de l'Information, Mohammed Garba, avait déclaré que les rapports préliminaires suggéraient que la plupart des décès étaient dus à "des complications résultant de l'hypertension, du diabète, de la méningite et du paludisme aigu". Kano, la grande ville du nord du Nigeria, vit sous confinement total depuis plus d'une semaine. Les hôpitaux privés et publics ont renvoyé la majorité de leurs patients, et les pharmacies ont fermé, rendant l'accès aux médicaments et aux traitements de toute maladie très difficile."Des centaines de patients ont été renvoyés chez eux, à l'exception d'une poignée de cas très critiques", a rapporté Usman Lawan, une infirmière du plus grand hôpital public de la ville. "Sans accès à leur traitement et sans soins, beaucoup de personnes meurent. Le Covid-19 tue indirectement", assure l'infirmière à l'AFP, soulignant que cette période est particulièrement propice aux infections de paludisme ou de typhoïde. Un employé d'un cimetière de la ville a recensé "une forte augmentation des décès" ces derniers jours. "On enterre parfois des dizaines de corps par jour", explique l'homme, qui se souvient d'avoir assisté à pareil scenario "il y a 24 ans", en 1996, lorsque qu'une épidémie de choléra et de méningite avait emporté près de 12.000 personnes à Kano.Le personnel soignant et le gouverneur de l'Etat lui-même ont également mis en garde contre un retard dans les tests de coronavirus dans cet Etat, qui est l'un des plus peuplés du Nigeria, avec environ 13,5 millions d'habitants. Kano compte pour l'instant 77 infections recensées et un seul décès imputé officiellement au coronavirus, mais le seul laboratoire spécialisé COVID-19 situé à l'hôpital universitaire Aminu Kano (AKTH) est fermé depuis la semaine dernière après que certains de ses employés ont été testés positifs. Les échantillons doivent donc être envoyés à des centaines de kilomètres, jusqu'à la capitale fédérale d'Abuja. Selon le Dr Ibrahim Musa, médecin à l'AKTH, la fermeture du laboratoire a provoqué un retard dans les tests: "Les autorités peuvent avoir manqué un nombre énorme d'infections potentielles", explique-t-il à l'AFP. Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec près de 200 millions d'habitants, recensait lundi près de 1.300 cas officiellement déclarés d'infection au coronavirus, et 40 décès.
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