Les électeurs ougandais ont voté vendredi dans le calme et sans grand enthousiasme pour élire leurs députés et leur président, le chef de l'Etat sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, partant favori face à une opposition divisée qui l'accuse de préparer des fraudes.
Quelque 14 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes sur les 33 millions d'habitants que compte ce pays enclavé d'Afrique de l'Est, bientôt producteur de pétrole.
A 17H00 (14H00 GMT) précises, le bureau de Wabigalo, près de la zone industrielle de Kampala, a ainsi fermé ses portes et entamé ses opérations de dépouillement: selon les agents des partis sur place, seuls 313 électeurs ont pris part au vote, sur les 813 inscrits, et devaient se prononcer entre sept candidats.
Dans le quartier de Kawempe, toujours à Kampala, les opérations débutées tardivement dans la matinée, comme dans nombre de bureaux, se poursuivaient dans le désordre à la clôture théorique du scrutin.
Plusieurs centaines d'électeurs en colère, qui patientaient dans la file, ont finalement été autorisés à pénétrer dans l'enceinte du bureau, conformément à la loi électorale, le tout sous la surveillance d'importants renforts policiers.
Tout au long de la journée, Kampala a offert le visage d'une capitale fantomatique à la circulation automobile inhabituellement fluide, que seuls motos-taxis et petits commerçants sont parvenus à ranimer en fin d'après-midi.
"La commission électorale est satisfaite du déroulement du scrutin jusqu'à présent.Il y a eu quelques incidents dans le pays mais nous les avons corrigés au fur et à mesure", a déclaré à l'AFP Charles Willy Ochola, le porte-parole de cette institution accusée de partialité par l'opposition.
"Nous sommes sérieusement préoccupés par ce qui s'est passé aujourd'hui.Beaucoup de nos militants ont été harcelés", a réagi la porte-parole de la coalition d'opposition du candidat Kizza Besigye, principal rival de M. Museveni.
"Je suis venu tôt pour voter, et après je resterai pour regarder comment ça se passe.Nous craignons des fraudes", témoignait dès l'ouverture des bureaux, Badru Busulwa, l'un des premiers à voter dans le bureau en plein air de Pioneer mall, à Kampala.
Le chef de l'Etat Yoweri Museveni, 66 ans, a voté dans sa ville de Kiruhura, dans l'ouest du pays et pronostiqué une victoire sur le score fleuve de "84%", alors que l'opposition s'inquiète d'un vote massif d'électeurs mineurs ou de bourrages d'urnes au profit du régime.
Sept candidats affrontent le président sortant, dont M. Besigye qui assure pouvoir l'emporter tout en brandissant la menace d'une révolte populaire à l'égyptienne en cas de fraudes massives.
A la tête de la Coalition inter-partis qui regroupe quatre formations d'opposition, Besigye, ancien médecin personnel de Museveni en rupture de ban avec le régime depuis 1999, a promis d'annoncer ses propres résultats dès samedi, soit 24 heures avant le délai imposé par la loi à la Commission électorale.
La Commission électorale a jugé cette initiative "inacceptable", invitant les médias à ne pas relayer les résultats du camp Besigye, synonymes de "violation de la Constitution".
M. Museveni a menacé pour sa part d'arrestation et de procès toute personne qui contesterait dans la rue les résultats officiels.
Fait notable, l'opposition a bénéficié pendant la campagne d'une liberté de mouvement inégalée pour ce scrutin, bien loin du harcèlement judiciaire dont fut l'objet M. Besigye en 2006.
Le président Museveni, qui a dépensé beaucoup d'argent pour sa campagne, est toutefois resté sourd aux appels de l'opposition demandant une refonte de la Commission électorale.
Interrogé par l'AFP sur le risque de violences post-électorales en cas de poussée électorale de l'opposition, un partisan de M. Museveni, Sam Batambuze, se montrait perplexe: "Je ne sais pas si mon candidat peut abandonner le pouvoir pacifiquement.Après tout, c'est un chef d'Etat africain".
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