Révoltes au Moyen-Orient: des manifestations empêchées à Alger et Sanaa

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MANAMA (AFP)

Le mouvement de révolte né en Tunisie et en Egypte fait tâche d'huile au Moyen-Orient où la répression a fait des dizaines de morts en Libye, à Bahreïn et au Yémen, alors que des manifestants ont été attaqués à Sanaa et repoussés à Alger.

A Manama, des centaines de manifestants se sont rassemblés samedi après-midi sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation, après le retrait des chars et des véhicules de l'armée.

Le retrait de l'armée de la ville a été ordonné par le prince héritier, Salman ben Hamad Al-Khalifa.L'opposition avait exigé au préalable ce retrait avant tout dialogue avec le pouvoir.Les opposants, qui ont rejeté l'offre de dialogue du prince héritier, exigent également la démission du gouvernement.

L'opposition réclame une monarchie constitutionnelle, un gouvernement élu et une alternance pacifique du pouvoir.Le poste de Premier ministre est occupé par cheikh Khalifa ben Salman Al-Khalifa, oncle du roi, depuis l'indépendance de Bahreïn, en 1971, et les ministères clés sont tenus par des membres de la famille royale.Cette dernière, sunnite, dirige un pays majoritairement chiite.

 L'union générale des syndicats a appelé à une grève générale illimitée à partir de dimanche pour exiger la liberté de manifester pacifiquement.La répression des manifestations a fait six morts dans le pays depuis de début du mouvement lundi.

Le Bahreïn est petite monarchie du Golfe persique stratégique pour les Etats-Unis qui y base sa Ve Flotte, indispensable pour la guerre en Afghanistan.

En Libye, au moins 59 personnes ont déjà trouvé la mort depuis mardi, début du mouvement du révolte contre le colonel Kadhafi Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, selon des sources locales.

Dix-huit personnes ont été tuées vendredi dans des manifestations à Benghazi, ville de l'est du pays et bastion de l'opposition, a indiqué samedi à l'AFP une source de l'hôpital Al-Jalaa de cette ville.

 L'organisation Human Rights Watch (HRW) a fait état de son côté d'un bilan global de 84 morts: 35 vendredi à Benghazi et 49 autres jeudi (20 à Benghazi, 23 à Al-Baïda, 3 à Ajdabiya et 3 à Derna).

L'ONG, qui se base sur des sources médicales et des témoins, affirme que la plupart des personnes décédées vendredi à Benghazi ont été "tuées par des balles réelles tirées par les forces de sécurité".

Si l'est du pays est particulièrement touché par le mouvement, la capitale Tripoli restait calme samedi, à l'image des jours précédents, où les partisans du régime avaient défilé dans les rues.

Les comités révolutionnaires, pilier du régime, ont menacé vendredi les "groupuscules" manifestant contre le "guide" d'une riposte "foudroyante".

Au Yémen, un étudiant a été tué par balle samedi lors d'une bataille rangée entre manifestants et partisans du régime à Sanaa, alors qu'Aden, la grande ville du sud du Yémen, a connu une nouvelle nuit d'émeutes.

 C'est la première fois qu'un manifestant trouve la mort à Sanaa où la contestation populaire s'amplifie contre le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Au total onze personnes ont été tuées à travers le pays, dont neuf à Aden, et des dizaines blessées lors des manifestations et heurts depuis le début du mouvement le 13 février.

En Algérie, où le pouvoir craint un scénario de révolution à la tunisienne, quelque 200 personnes ont tenté de manifester samedi aux cris de "Algérie libre et démocratique", "pouvoir assassin", "le peuple veut la chute du régime".

Mais d'importantes forces de sécurité et des dizaines de véhicules blindés ont repoussé les premiers manifestants.Toutes les voies menant à la Place du 1er mai ont été bouclées et des barrières métalliques disposées sur le site lui-même empêchaient l'arrivée de manifestants.

Un député du parti Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Tahar Besbes, a été grièvement blessé au cours d'un affrontement avec la police, selon un membre du RCD.

En Tunisie, d'où est parti le mouvement de révolte, le gouvernement et le principal mouvement islamiste, Ennahda, ont condamné samedi l'assassinat d'un prêtre polonais, "égorgé" par des "extrémistes" vendredi dans le garage d'une école religieuse privée de la région de Manouba, près de Tunis.

C'est le premier meurtre annoncé à la fois d'un religieux et d'un étranger depuis la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier.

Enfin, à Djibouti, des affrontements ont repris entre partisans de l'opposition qui réclament la fin du régime du président Ismaël Omar Guelleh et forces de l'ordre.Ces incidents interviennent au lendemain d'un grand rassemblement de l'opposition dans la capitale qui avait dégénéré en violences dans la soirée.

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