Le dirigeant de l'opposition ougandaise Kizza Besigye a "catégoriquement rejeté" dimanche les résultats de l'élection présidentielle de vendredi, que le chef de l'Etat sortant Yoweri Museveni est assuré de remporter, selon des résultats partiels.
"Nous rejetons catégoriquement les résultats de l'élection", a déclaré à la presse M. Besigye, candidat de la principale coalition d'opposition.
"Nous rejetons l'autorité de Museveni et de toute personne qu'il pourrait nommer", a-t-il affirmé.
Donné favori du scrutin, le président sortant Yoweri Museveni était crédité de 68,28% des voix selon des derniers résultats partiels annoncés dimanche à la mi-journée par la Commission électorale, et est désormais assuré de remporter la victoire dès le premier tour.
Kizza Besigye, 54 ans, est crédité de 26,12% des votes, selon ces résultats partiels.
L'opposant a assuré que lui et sa coalition vont "consulter les partis politiques, les responsables religieux, la société civile et le public pour déterminer comment mettre fin au gouvernement illégitime qui pourrait être installé".
"Nous tiendrons le pays informé de la prochaine étape", a-t-il ajouté.
Vendredi, M. Besigye, qui accuse depuis plusieurs mois le président et son parti d'avoir orchestré des fraudes en amont et pendant le scrutin, avait déjà qualifié d'"inacceptable" l'ensemble du processus électoral.
La Commission électorale, institution jugée favorable au régime en place par la coalition de M. Besigye, a rejeté ces accusations.
La coalition d'opposition a organisé son propre décompte des résultats qu'elle a promis de diffuser avant les résultats de la Commission.
"Les élections (de 2011) ont été caractérisées par un usage obscène et au grand jour de l'argent pour corrompre tout le processus", a accusé dans un communiqué, la coalition de M. Besigye, l'IPC (Coopération inter-partis).
L'IPC dit avoir constaté des listes électorales truquées, des bourrages d'urnes ainsi que des électeurs fantômes et des assesseurs partisans.
"Beaucoup d'électeurs n'ont pas pu voter", a déploré la coalition d'opposition, alors que le "vaste déploiement militaire dans tout le pays (...) a effrayé la population".
L'IPC a fustigé "l'arrestation et la détention de ses agents déployés pour surveiller le vote", comme "l'arrivée tardive du matériel électoral le matin de l'élection, qui a contribué à réduire le taux de participation".
"Une élection organisée dans de telles conditions ne pouvait pas refléter la volonté du peuple.Clairement, les institutions de l'Etat en charge de l'élection ont trompé le pays", conclut le communiqué.
M. Besigye avait appelé les Ougandais, avant le scrutin, à contester dans la rue d'éventuelles fraudes, évoquant à plusieurs reprises un possible un soulèvement populaire à l'égyptienne.
"Il n'y aura pas de révolution à l'égyptienne ici", avait alors répondu le chef de l'Etat, promettant de "mettre en prison" ceux qui descendraient dans la rue.
"Nous n'avons appelé personne à descendre dans la rue, (...) il y a d'autres options (...) mais nous ne l'écartons pas", a souligné vendredi à ce propos M. Besigye.
Kizza Besigye avait été battu en 2001 et 2006 lors d'élections marquées par des fraudes et des mesures d'intimidation de l'opposition, selon des observateurs internationaux et des organisations de défense des droits de l'homme.
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