La pire flambée de violences depuis l'arrivée au pouvoir de M. Abiy en 2018 a éclaté la semaine passée à Addis Abeba et dans la région Oromia qui l'enserre, faisant 166 morts selon la police éthiopienne.Ces personnes ont été tuées dans des affrontements intercommunautaires et dans des heurts entre manifestants et policiers, déclenchés par le meurtre du très populaire chanteur Hachalu Hundessa, porte-drapeau de l'ethnie oromo, abattu par des inconnus le 29 juin dans la capitale.M. Abiy avait déjà dénoncé vendredi des "tentatives coordonnées" de déstabiliser le pays, sans dire qui selon lui était impliqué. Mardi, il est allé plus loin encore en suggérant que cet épisode avait été planifié avec l'intention de retarder le remplissage du barrage.Cela visait à ce que le gouvernement éthiopien "détourne ses yeux du barrage", a-t-il affirmé lors d'un questions-réponses avec les députés.L'Éthiopie considère le Grand barrage de la Renaissance (Gerd), qui doit devenir le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique avec une capacité de production de plus de 6.000 mégawatts, comme essentiel pour son électrification et son développement.Mais ce projet a provoqué de vives tensions avec l'Égypte et le Soudan, qui craignent que leur accès à l'eau du Nil n'en soit restreint.L'Éthiopie envisage de commencer à remplir le barrage en juillet, malgré la demande du Caire et de Khartoum qu'un accord soit préalablement trouvé. Les discussions entre les trois pays ont repris la semaine dernière.Le gouvernement éthiopien n'a pas précisé la date exacte à laquelle le barrage commencerait à être rempli. Mais M. Abiy a laissé peu de doutes mardi sur sa détermination à mener à bien cet exercice."Si l'Éthiopie ne remplit pas le barrage, cela signifie que l'Éthiopie a accepté de détruire le barrage", a-t-il fait valoir. "Sur les autres points, on peut prendre le temps lentement de trouver un accord, mais sur le remplissage on peut trouver et signer un accord cette année".Premier chef de gouvernement de l'histoire moderne issue de l'ethnie oromo, M. Abiy est accusé par des nationalistes oromo de ne pas faire suffisamment pour défendre les intérêts de sa communauté.Il s'en est défendu mardi: "Toute ma vie, je me suis battu pour le peuple oromo". "Les Oromo sont libres maintenant. Ce dont on a besoin maintenant, c'est du développement", a-t-il assuré.
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