La marche a été organisée pour commémorer le jour de "Saba, Saba", qui signifie le 7e jour du 7e mois, et marque la journée du 7 juillet 1990 au cours de laquelle de violentes manifestations avaient éclaté pour réclamer des élections libres dans un pays alors dirigé d'une main de fer par l'autocrate Daniel arap Moi.Cette année, la marche visait aussi à dénoncer les manières fortes employées par la police pour mettre en oeuvre le couvre-feu nocturne instauré pour empêcher la propagation du Covid-19. Depuis la mise en place de ce couvre-feu, la police a été impliquée dans la mort d'au moins 15 personnes, selon un décompte de l'Autorité indépendante de contrôle de la police (IPOA).Les activistes avaient prévu de manifester dans le centre de Nairobi et dans des bidonvilles de la capitale. Mais la police a dispersé plusieurs des rassemblements avec des gaz lacrymogènes et certains des organisateurs ont été arrêtés en différents lieux."Nous avons 57 personnes en garde à vue et je sais que l'opération de sécurité se poursuit, parce que ces gens se sont retirés puis sont revenus", a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de la police. Le chef de la police de Nairobi, Philip Ndolo, a estimé que les rassemblements étaient illégaux, comme le prévoient les restrictions imposées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus."C'est interdit, ce n'est pas légal et aucune autorisation n'a été accordée", a-t-il déclaré. "Aucun rassemblement public n'est autorisé pour le moment en raison du Covid-19 et nous ne permettrons à personne de tenir de quelconques réunions ou marches." "Ceux qui ont été arrêtés seront inculpés pour avoir contrevenu, en se rassemblant, aux règlementations du ministère de la Santé", a-t-il ajouté.Ces dernières semaines, les personnes inculpées pour ne pas avoir respecté les restrictions liées au coronavirus ont écopé d'une amende de 5.000 shillings (41 euros) ou ont été condamnées à des travaux d'intérêt général.La police kényane est régulièrement accusée par les groupes de défense des droits de l'homme d'utilisation excessive de la force et d'exécutions extrajudiciaires, en particulier dans les quartiers pauvres.En avril, Human Rights Watch (HRW) avait accusé la police d'imposer le couvre-feu "de manière chaotique et violente, depuis le début", parfois en fouettant, en battant ou en utilisant des gaz lacrymogènes pour forcer les gens à quitter les rues.
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