Le Nigeria a promis mardi d'accélérer l'adoption de sa nouvelle législation pétrolière, destinée à réguler les relations entre l'Etat nigérian et les multinationales.
Le gouvernement a affirmé qu'il ne réclamerait pas plus de 65% de participation dans les projets en eaux profondes, prenant cet engagement dans le cadre d'un colloque sur l'industrie pétrolière à Abuja.
Les participants à ce colloque, représentant les grandes compagnies pétrolières, ont souligné la nécessité d'accélérer l'adoption de la nouvelle législation pétrolière, promise depuis plus d'un an, si le Nigeria veut que les majors pétrolières investissent dans de nouveaux projets.
En raison de l'incertitude entourant cette législation, les investissements dans de nouveaux projets ont été gelés dans ce pays, principal producteur de pétrole en Afrique et huitième exportateur mondial.
La production nigériane s'est élevée en janvier à 2,24 millions de barils par jour, selon les chiffres de l'Agence internationale de l'énergie.
La refonte de la législation a pour objectif de permettre au Nigeria d'augmenter ses recettes tirées des projets lucratifs offshore ainsi que de restructurer la compagnie pétrolière d'Etat (NNPC), largement connue comme étant très corrompue.
Le vice-président du groupe anglo-néerlandais Shell pour l'Afrique sub-saharienne Ian Craig a expliqué que les compagnies pétrolières avaient besoin de savoir ce qu'il en est exactement avant de procéder à l'exploitation du pétrole et du gaz dans ce pays.
"Je pense que nous sommes plus près du but, mais nous ne pourrons avancer tant que les nouveaux textes de loi ne seront pas adoptés et que les compagnies n'auront pas de visibilité", a-t-il ajouté.
Le gouvernement nigérian estime que les conditions d'exploitation offshore étaient très largement en faveur des compagnies par le passé.
Aujourd'hui, les Nigérians devraient davantage en profiter, a fait valoir le gouvernement, qui a évoqué des projets permettant de reverser aux habitants du delta du Niger une part des résultats.
"Les dividendes seront reversées aux communautés productrices afin de s'attaquer à la crise qui sévit dans le Delta du Niger", a déclaré la ministre du pétrole Diezani Alison-Madueke.
L'objectif est de ramener la calme dans la région, théâtre de nombreuses attaques et prises d'otages ces dernières années, conduites par des gangs et militants qui prétendent agir pour une distribution plus équitable des revenus issus du pétrole.
Mais Ledum Mitee, un de ces militants, s'est interrogé sur la définition du terme "communauté" et sur la façon dont l'argent serait effectivement reversé aux populations."Combien de cet argent les habitants toucheront-ils?", a-t-il déclaré à l'AFP se référant à de précédents engagements non tenus.
Le président nigérian Goodluck Jonathan a promis de faire adopter la nouvelle législation avant la fin de son mandat fin mai, mais ses prédécesseurs avaient fait les mêmes promesses sans les tenir.
Son conseiller pour les questions pétrolières, Emmanuel Egbogah, a renouvelé l'engagement du président mardi."Je vous assure que nous allons en finir, la loi sera sûrement adoptée dans quelques semaines", a-t-il déclaré.
Wale Tinubu, PDG de l'importante compagnie énergétique nigériane Oando, a fait remarquer que "les décisions concernant d'importants investissements" ont été retardées.
"La volonté politique pour (que les investissement soient débloqués) est primordiale", a-t-il ajouté, soulignant qu'il est grand temps d'agir au moment où le prix du baril tutoie les 100 dollars.
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