"Nous avons demandé qu'en fonction de ce que nous avons dans la constitution du Burkina Faso, que nous puissions pouvoir reporter les élections législatives et maintenir la présidentielle", a déclaré le président de l'assemblée nationale Allasane Balla Sakandé, à l'issue d'une audience avec le président Roch Marc Christian Kaboré. M. Sakandé, accompagné des six présidents de groupes parlementaires, a présenté au chef de l'état un rapport d'une tournée, courant juin, d'élus nationaux dans les cinq régions touchées par des attaques jihadistes, pour "prendre le pouls de la situation sécuritaire". "Dans certaines régions, des conseillers ont dû, pour 60km, faire des détours de 300km, quitter complétement le Burkina Faso, aller dans un pays voisin, pour pouvoir revenir dans le chef lieu de la région. Pour certaines régions ou provinces, il est quasi impossible d'y mettre les pieds", a-t-il expliqué. Le rapport propose également l'obligation pour le président élu d'organiser la réconciliation nationale avant d'organiser les élections législatives et municipales, en 2021. "En maintenant l'élection présidentielle nous ne voulons pas tomber dans un vide juridique, dans un terrorisme institutionnel également", a justifié M. Sakandé. "Pour l'élection présidentielle, la circonscription est nationale. Pour les législatives, la circonscription est provinciale. Dans une province où il y a seulement deux communes qui ont été enrôlées, quelle peut être la représentativité d'un député élu par deux communes sur 26 ou 30?", s'est-il interrogé. "En partant à l'élection (...) des provinces ne seront pas représentées à l'hémicycle, quelle légitimité aura cette assemblée? Tenir les élections sans des provinces s'apparente à de l'exclusion, qui est de ne pas permette à certaines populations de certaines provinces d'avoir le droit des représentants à l'assemblée", a-t-il poursuivi. "Les populations nous ont dit: on peut venir dans une province enrôler par hélicoptère. Mais est-ce que les électeurs vont aller voter par hélicoptère?"n a-t-il ajouté.Le Burkina Faso est en proie à de fréquentes attaques jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires. Ces attaques ont fait plus de 1.100 morts depuis 2015, et contraint près d'un million de personnes à fuir leurs foyers.Selon l'ONU, les attaques jihadistes et les violences intercommunautaires ont fait 4.000 morts en 2019 au Mali, au Niger et au Burkina.
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