Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, avaient été enlevés au cours d'un reportage puis tués le 2 novembre 2013 près de Kidal.Si ce double assassinat a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), la lumière n'a jamais été faite sur les circonstances précises du drame. Et le poids du "secret défense" est régulièrement dénoncé par les familles des victimes et des associations.Selon la version officielle, un convoi de militaires français avait découvert le corps des reporters, tués par balles, non loin du pick-up de leurs ravisseurs. Ce dernier était tombé en panne, d'après les enquêteurs, qui privilégient la thèse d'une prise d'otages ratée d'un groupe jihadiste.RFI, pour sa part, avait mené sa propre investigation en s'appuyant sur plusieurs sources françaises, maliennes et onusiennes, en juillet 2019. Selon celle-ci, les ravisseurs ont été poursuivis par un hélicoptère des forces spéciales (FS). La poursuite aurait, de même source, fait paniquer les ravisseurs, les poussant à tuer leurs otages.Mais la version officielle a été confirmée par le lieutenant-colonel S., chef du détachement de liaison et d'appui de l'armée française (DLA), interrogé en juin par Jean-Marc Herbaut, juge d'instruction du pôle antiterroriste. "Si [les FS] avaient eu un hélico, elles l'auraient sollicité immédiatement pour connaître la direction de fuite. Le lieu de pose des hélicos était situé juste en face de mon bivouac. S'il y avait eu un hélico, je l'aurais forcément vu", a assuré l'officier au juge.Quelques minutes après le kidnapping survenu en ville à Kidal vers 13H00 locales, les forces spéciales ont selon lui été averties en premier. Elles se sont lancées seules à la poursuite des ravisseurs par la voie terrestre, mais ont suivi une fausse piste.C'est alors qu'elles ont décidé de prévenir le DLA qui, vers 13H55, a reçu l'autorisation de lancer la poursuite. Vers 14H25, le lieutenant-colonel S. a découvert les corps des deux journalistes près du pick-up."Le DLA est la première force arrivée sur les lieux du crime. J'ai un geste de rage, car je comprends tout de suite que les deux journalistes sont morts", a expliqué l'officier."Je comprends la douleur des familles et je voudrais les convaincre que les choses sont beaucoup plus simples que ce que certains articles ont pu laisser croire".
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