Ethiopie: les forces de l'ordre tirent sur des manifestants, au moins 5 morts

Infos. Au moins cinq personnes ont été tuées en début de semaine quand les forces de l'ordre éthiopiennes ont ouvert le feu sur des manifestants qui dénonçaient la détention prolongée d'opposants politiques, a-t-on appris jeudi de sources hospitalière et administrative.

Ethiopie: les forces de l'ordre tirent sur des manifestants, au moins 5 morts
Alors que les organisations de défense des droits de l'homme évoquent un bilan plus élevé, ces nouveaux incidents mettent en évidence l'insécurité persistante qui accompagne la transition politique encouragée par le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019.Des manifestations ont éclaté lundi dans plusieurs villes contre la détention d'opposants arrêtés lors des heurts intercommunautaires survenus après le meurtre fin juin d'Hachalu Hundessa, un populaire chanteur oromo, qui avaient fait entre 179 et 239 morts.A Harar (est), une vingtaine de personnes ont été soignées pour des blessures par balles à l'hôpital Hiwot Fana et trois sont mortes, a indiqué à l'AFP un médecin s'exprimant sous couvert d'anonymat."Lundi, 14 personnes avec des blessures par balles, dont deux décédées, sont venues à notre hôpital. Et mardi, il y avait 10 personnes avec des blessures par balles, dont un mort", a-t-il déclaré.A Dire Dawa, toujours dans l'est du pays, deux personnes ont été tuées et quatre blessées, selon un communiqué de la municipalité.Des morts ont aussi été rapportées dans 13 endroits différents de la région Oromia, qui enserre Addis Abeba, a annoncé jeudi dans un communiqué la Commission éthiopienne des droits de l'homme (EHRC), un organe gouvernemental.La Commission s'est dite "profondément inquiète" et a appelé "les autorités à empêcher les forces de sécurité de faire un usage excessif de la force", sans communiquer de bilan.Fisseha Tekle, un chercheur pour Amnesty International, a estimé qu'au moins 20 personnes avaient été tuées, un chiffre qui ne pouvait pas être indépendamment confirmé."Le gouvernement devrait enquêter sur les membres des forces de l'ordre qui sont soupçonnés d'avoir commis ces violences", a-t-il déclaré à l'AFP.Ces manifestations sont au moins en partie liées aux rumeurs selon lesquelles Jawar Mohammed, un opposant de premier plan à M. Abiy arrêté le 1er juillet, ne recevrait pas les soins médicaux dont il a besoin en prison, Fisseha Tekle.Accusé d'avoir attisé les violences consécutives au meurtre d'Hachalu, Jawar Mohammed, magnat des médias, a comparu lundi devant un tribunal en se plaignant de "vomissements" et de "grelottements", et a demandé à être soigné par ses propres médecins car il n'a pas confiance en ceux du gouvernement, a expliqué à l'AFP son avocat Tuli Bayyisa.Arrivé au pouvoir en avril 2018, M. Abiy est le premier chef de gouvernement de l'histoire moderne à appartenir à l'ethnie majoritaire Oromo. Mais il est critiqué avec virulence par les nationalistes oromo comme M. Jawar, qui lui reprochent de ne pas répondre aux aspirations de sa communauté, laquelle s'est longtemps estimée marginalisée politiquement et économiquement.

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