Au Mozambique, un incendie criminel détruit les locaux d'un journal critique du régime

Infos. Le siège d'un journal mozambicain indépendant réputé pour ses critiques du régime du président Filipe Nyusi a été détruit à Maputo par un incendie criminel, a-t-on appris lundi auprès d'un de ses responsables.

Au Mozambique, un incendie criminel détruit les locaux d'un journal critique du régime
Canal de Moçambique et son pendant en ligne Canalmoz font l'objet depuis juin de poursuites judiciaires du ministère de la Défense pour avoir publié des contrats passés par plusieurs groupes gaziers avec les autorités pour assurer la sécurité de leurs installations dans l'extrême nord du pays.L'Américain Exxon Mobil ou le Français Total doivent exploiter dans les années à venir un immense gisement sous-marin de gaz dans la province du Cabo Delgado, en proie à une insurrection jihadiste meurtrière.L'an dernier, le rédacteur-en-chef de la publication, Matias Gente, avait été victime d'une tentative d'enlèvement puis agressé par des inconnus.Dimanche soir, des personnes se sont introduites dans les locaux de Canal Moçambique dans la capitale Maputo et les ont incendiés, détruisant ordinateurs, matériel et archives, a rapporté M. Gente à l'AFP."Ils sont entrés par effraction hier vers 20h et ont tout arrosé avec du pétrole avant d'y mettre le feu", a-t-il dit.Le journaliste s'est dit persuadé que cette attaque visait à faire taire son journal. "Nous ne sommes pas naïfs au point de penser que c'est un acte de délinquance classique", a assuré Matias Gente, "c'est parce que notre travail a déplu à certains"."Cette attaque porte atteinte à la liberté de la presse", a regretté le Centre pour la démocratie et le développement (CDD), une ONG de la société civile.La police n'a pas réagi immédiatement à l'incendie.Ces dernières années, les forces de sécurité ou des officines proches du pouvoir ont été accusées du meurtre ou de l'enlèvement de plusieurs militants de défense des libertés. Faute de preuves, la plupart de ces affaires ont été enterrées.En juin dernier toutefois, quatre policiers ont été condamnés à plus de vingt ans de prison pour le meurtre d'une figure de la société civile à la veille des élections générales d'octobre 2019.

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