Le gouverneur de la province, Théo Ngwabidje Kasi, a déploré "la mort tragique de 50 personnes, en majorité des jeunes" dans cet accident survenu à 270 km au sud-ouest du chef-lieu provincial Bukavu."On ne sait pas jusqu'à présent le nombre exact" de victimes, a tempéré le maire Alexandre Bundya en déplorant "un affaissement du sol engendré par la pluie diluvienne".Aucun corps n'avait été encore retrouvé samedi à la mi-journée, selon un témoin joint par l'AFP, Jean Nondo Mukambilwa.Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à l'entrée d'un des tunnels du carré minier, appelé "D3" par les habitants, d'après des vidéos envoyées à l'AFP par ce témoin.Des hommes tentaient de déblayer l'entrée du boyau en creusant avec une pelle.Le maire a invité la population à "extraire les cadavres du sol", en décrétant deux journées "ville morte" samedi et dimanche, sauf pour la messe et le marché.Les pluies ont fait déborder une rivière proche de la mine d'or, d'après le témoin joint par l'AFP. "L'eau est allée vers les trois tunnels. Lorsque les gens ont voulu sortir, il n'y avait plus moyen car l'eau coulait en abondance, avec une grosse pression".Connus sous le nom de "creuseurs", les mineurs artisanaux tentent de gagner leur vie en revendant à des comptoirs commerciaux les minerais qu'ils parviennent à extraire dans des conditions difficiles.Les accidents sont nombreux dans les mines artisanales. En juin 2019, au moins 39 mineurs artisanaux étaient morts dans l'effondrement partiel d'une mine de cuivre à Kolwezi, dans la région du Katanga (Sud-Est).Les victimes étaient des "mineurs artisanaux illégaux" présents sur une concession industrielle de Glencore, avait indiqué le géant des matières premières basé en Suisse.Le sous-sol congolais est très riche en minerais: or, cobalt, cuivre, coltan.A côté des industriels, les "creuseurs" représentaient à titre d'exemple 14 à 16% de l'extraction du cobalt en 2017 au Katanga, premier producteur mondial, d'après une estimation du cabinet spécialisé Darton basé à Londres.La richesse du sous-sol ne profite guère aux plus de 80 millions de Congolais: "En 2018, 72% de la population vivait avec moins de 1,9 dollar par jour", d'après la Banque mondiale.La plupart des Congolais gagnent leur vie dans des secteurs économiques informels, comme justement l'exploitation minière artisanale."Les enquêtes doivent être menées pour élucider les causes de cette catastrophe", a déclaré un représentant de la société civile à Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa. "Les autorités doivent prendre leur responsabilité au lieu de taxer les creuseurs artisanaux".
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