Orateur exceptionnel, à la voix douce et la pugnacité rare, George Bizos est notamment célèbre pour avoir soufflé à Mandela, au procès décisif dit de Rivonia, la phrase "si besoin est" quand le leader de l'ANC se disait prêt, dans sa conclusion, à mourir pour son idéal "d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec les mêmes chances". Afin d'éviter que le régime d'apartheid ne voie dans ses propos une incitation au martyr: Mandela et plusieurs hauts responsables de l'ANC risquaient la peine de mort."Madiba" fait régulièrement appel à l'avocat d'origine grecque pendant ses 27 années de prison, pour contester ses conditions de détention, les grandes et petites injustices qu'on lui inflige. "J'ai demandé à George de venir", répète-t-il dans son autobiographie.Bizos est de tous les combats, c'est l'ami fiable et l'avocat qui emploie toute son énergie et son talent pour gagner chaque bataille contre le pouvoir blanc.Jeudi, huit hommes, six noirs et deux blancs, ont porté le cercueil longtemps en silence au début de la cérémonie. Sur l'estrade une grande photo de l'avocat à la barre, regard vif et moustache fournie, encadrée par des drapeaux de l'Afrique du Sud.Dans un entretien à l'AFP, son fils Damon Bizos avait brossé le portrait d'un vieux monsieur fantasque, qui jardinait en pyjama et recevait dans cette tenue ses invités d'honneur, sans se défaire de ses chaussons couverts de boue.Il avait arrêté de travailler seulement un an avant sa mort et ce grand bavard soudain s'était tu. Il est mort paisiblement chez lui le 10 septembre.
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