"Si je tombe malade, s'il vous plaît, ne me conduisez pas dans cet hôpital", chante l'artiste Le Karmapa dans "Mama Yemo", du nom de cet établissement public construit avant l'indépendance en 1960.Le clip d'une dizaine de minutes commence par le dialogue d'un médecin avec la famille d'un patient sous respirateur: "Sans argent, votre frère va mourir" - "Ah docteur, que faites-vous du serment d'Hippocrate?".A Mama Yemo, les patients ne sont en effet soignés que s'ils ont les moyens de payer leurs soins, avait constaté l'AFP il y a quelques mois.A la maternité, des mères sont retenues des semaines et des mois après la naissance de leur bébé parce qu'elles ne peuvent pas payer les frais de l'accouchement."A Mama Yemo rien ne va", chante l'artiste qui veut "dénoncer pour sensibiliser afin d'améliorer la situation".Il chante en lingala, la langue parlée à Kinshasa, sur un air de rumba congolaise, genre musical qui se prête davantage aux romances ou aux hommages aux personnalités moyennant finance, qu'à des oeuvres engagées.La chanson a été interdite par la Commission nationale des chansons et du spectacle."Cette chanson a provoqué des remous parce que le chanteur Le Karmapa présente l'hôpital Mama Yemo comme un mouroir. La direction est venue se plaindre auprès de la commission contre cette mauvaise publicité qui cause un préjudice à cet établissement", a déclaré à l'AFP Didi Kelo Kelo, président de la commission.Il est également reproché à l'artiste de ne pas avoir "soumis préalablement" la chanson à la commission, comme le prévoit la loi."C'est vraiment ridicule de censurer la vérité!", s'est insurgé sur Twitter la parlementaire d'opposition Eve Bazaiba.
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