Niger: libération des trois défenseurs des droits de l'homme détenus depuis 6 mois

Infos. La justice nigérienne a ordonné la libération de trois défenseurs des droits de l'homme, détenus depuis plus de six mois au Niger, après des manifestations dénonçant des surfacturations et des livraisons non effectuées d'équipements à l'armée, a indiqué mercredi à l'AFP un de leurs avocats.

Niger: libération des trois défenseurs des droits de l'homme détenus depuis 6 mois
Leur libération était demandée par des ONG internationales dont Amnesty International et Tournons la Page International (TLP)."C'est une libération d'office: la loi ne permet plus de les détenir hors délais (car) le juge a oublié de renouveler leur mandat dépôt après le sixième mois (de détention) conformément à l'article 132 du code de procédure pénale", a expliqué à l'AFP l'avocat, Me Boudal Effred Mouloul."En pareille circonstance c'est la liberté d'office (qui s'impose) et chaque jour est une détention arbitraire", a-t-il souligné.Un des trois détenus, Maikoul Zodi, coordinateur national du mouvement mondial Tournons La Page a déjà quitté mardi après-midi sa prison de Ouallam (100 km de Niamey), selon des photos qu'il a publiées sur sa page Facebook.Les deux autres, Moudi Moussa, journaliste et syndicaliste et Halidou Mounkaila, responsable d'un syndicat d'enseignants "ont déjà l'ordre de sortie" et doivent quitter leur prison mercredi, a assuré Me Boudal Effred Mouloul.Les poursuites à leur encontre ne sont cependant pas abandonnées. Les trois défenseurs des droits de l'homme sont notamment accusés d'organisation d'un rassemblement non autorisé, incendie criminel, dommages aux biens publics et homicide involontaire. Il y a eu "au moins trois morts et plusieurs bâtiments endommagés" lors de cette manifestation, "interdite" par les autorités "à titre de mesure préventive contre la pandémie de Covid-19", selon les ONG.Des surfacturations et des livraisons non effectuées d'équipements militaires ces dernières années ont officiellement coûté 32,6 milliards FCFA (50 millions d'euros) à l'Etat du Niger, un chiffre inférieur de moitié à celui (plus de 116 millions d'euros) qui avait circulé sur les réseaux sociaux.Le scandale a d'autant plus choqué l'opinion que les soldats nigériens paient depuis 2015 un lourd tribut dans la lutte contre les groupes jihadistes. L'affaire remonte à fin février, lorsque le gouvernement avait annoncé qu'un audit demandé par le président Mahamadou Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées dans des achats d'équipements pour l'armée.

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