Cette commission a été mise en place en 2016 par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU afin de rassembler des preuves qui pourraient être utilisées pour poursuivre en justice des auteurs d'atrocités au Soudan du Sud.En février, les trois membres de la commission avait accusé dans un premier rapport l'armée gouvernementale sud-soudanaise et les différents groupes rebelles en guerre d'avoir "délibérément affamé" les habitants du pays, en leur refusant l'accès à l'aide humanitaire et en les forçant à quitter leur foyer.Dans un nouveau rapport publié mardi, portant sur la période allant de fin 2013 à avril 2020, la commission indique que les forces gouvernementales ont utilisé le "refus d'accès à la nourriture et aux services essentiels (...) comme un instrument pour cibler et punir" les communautés soupçonnées d'être déloyales, en particulier celles considérées comme soutenant les forces de la SPLA-IO (forces rebelles).Dans la région du Bahr el-Ghazal occidental, "il y a des motifs raisonnables de croire que ces violations faisaient partie d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre la population civile", considère la commission, qui évoque des "crimes contre l'humanité".Sur la base des informations recueillies, les enquêteurs de l'ONU estiment qu'il existe des preuves suffisantes pour poursuivre des "membres des forces gouvernementales" ayant mené des politiques visant à affamer la population civile comme dans l'Etat de Jonglei.En outre, écrit le rapport, "des commandants pourraient être tenus pour responsables, en vertu du droit international, de ne pas avoir empêché ou sanctionné" ces politiques.La commission pense qu'il existe des preuves suffisantes pour que les membres de la SPLA-IO soient poursuivis pour avoir délibéremment affamés la population dans l'Equateur central, y compris en refusant l'aide humanitaire.Le Soudan du Sud tente de sortir d'une guerre civile de six ans qui a fait quelque 380.000 victimes et grandement affecté la production de pétrole brut, qui compte pour plus de 90% des recettes du pays.Le pays est également en proie tous les ans à des inondations causées par des pluies torentielles, ayant déjà touché quelque 800.000 cette saison selon l'ONU.
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