Mais l'autoroute reliant cette ville stratégique au reste du Soudan, coupée par des manifestants depuis dimanche, a été rouverte, selon les mêmes sources. C'est de Port-Soudan, sur la mer Rouge, que sont exportés les produits agricoles, comme le coton ou le sésame, et que sont importés les produits manufacturés. Cette deuxième ville du Soudan compte un terminal pétrolier.Les manifestants sont des membres radicaux de la tribu Beja qui se considèrent comme les véritables natifs de Port-Soudan. Ils craignent que leur tribu ne soit sous-représentée par rapport à la tribu rivale des Beni Amr dans les prochaines instances législatives et exécutives régionales prévues par l'accord de paix signé le 3 octobre à Juba.Les Beni Amr, affirment-ils, ne représentent qu'une minorité des habitants de l'est du Soudan."Le port est fermé jusqu'à nouvel ordre", a déclaré le dirigeant du syndicat des dockers, Abboud El-Chirbini, joint au téléphone par l'AFP à Khartoum."Nous avons rouvert la route à la demande des chefs des Beja qui ont eu des contacts avec le gouvernement", a affirmé en revanche Sidi Moussa, un responsable du mouvement de protestation.Les forces de sécurité ne sont pas intervenues depuis dimanche.Le Comité de sécurité et de défense, plus haute instance sécuritaire du pays, a reconnu que l'est du Soudan connaissait des "problèmes" depuis longtemps mais qu'ils ne devraient pas être résolus par de telles protestations. Lors d'une réunion d'urgence en présence du général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain, le comité a mis en garde contre le blocage du port."Le comité a pris des décisions claires au sujet de la liberté de manifester et de mener des sit-in mais cela ne doit pas se faire aux dépens des installations vitales, comme la fermeture des routes nationales et des ports, en raison de leur impact direct sur l'économie nationale et les relations extérieures du Soudan", selon un communiqué.Il a décidé de mettre en place une commission pour préparer une "conférence consultative avec les citoyens de l'Est consacrée à l'accord de paix de Juba".Dimanche Sidi Moussa avait expliqué que ces protestations avaient été menées "car ceux qui ont signé l'accord de paix ne représentent pas l'est du Soudan et parce que le texte n'a pas pris en considération le point de vue des habitants".En août, des affrontements entre tribus rivales à Port-Soudan ont fait des dizaines de morts.
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