Environ 1.500 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont quitté Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno et ont été ramenées à Baga, leur ville d'origine sur les rives du lac Tchad, dans un convoi d'une trentaine de bus escortés par des militaires. "Le gouvernement (du Borno) est déterminé à renvoyer toutes les personnes déplacées par l'insurrection dans leurs foyers et à fermer tous les camps de déplacés", a déclaré à l'AFP un responsable du rapatriement sous couvert d'anonymat. Les populations déplacées par le conflit attendent en général de pouvoir rentrer chez elles, après des années passées dans des camps insalubres, sans eau potable et avec peu de distribution alimentaire.La bataille pour le contrôle de Baga début 2015 avait été particulièrement sanglante et plus de 2.000 personnes, essentiellement des hommes, avaient été massacrés. "Je suis déterminé à rentrer chez moi avec l'espoir que les choses vont bien se passer et que le gouvernement fournira la sécurité qu'il a promis", a rapporté Hauwau Mustapha, veuve de six enfants.Mais les problèmes de sécurité restent extrêmement importants, notamment sur les pourtours du lac Tchad, où s'est retranché le groupe Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), branche de Boko Haram affiliée à l'EI depuis 2016. Le gouverneur du Borno, Babagana Umara Zulum, assure par ailleurs qu'accueillir et nourrir les 1,6 million de déplacés qui se sont réfugiés à Maiduguri est tout simplement impossible pour des raisons financières et sanitaires, et cela crée énormément de tensions avec les populations locales. Fin septembre, des combattants d'Iswap ont mené une embuscade sur le convoi du gouverneur lors d'une précédente mission de rapatriement de civils à Baga, faisant au moins 30 morts parmi les membres de sa sécurité et les déplacés. C'était la troisième embuscade menée contre lui depuis son arrivée au pouvoir l'année dernière.Les dix ans d'insurrection islamiste dans le Nord-Est du Nigeria ont tué au moins 36.000 personnes et chassé deux millions de personnes de chez elles.
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