L'Union africaine a décidé d'accorder un mois de plus au panel de cinq chefs d'Etats africains chargés de rendre des décisions contraignantes aux principaux protagonistes de la crise ivoirienne, a-t-on appris dans un communiqué reçu mardi par l'AFP à Nairobi.
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, réuni lundi soir, "prend note de la nécessité pour le Groupe de disposer d'un temps supplémentaire limité pour parachever sa mission", selon le communiqué de l'UA.
Le CPS "décide, en conséquence, de proroger le mandat du Groupe de haut niveau, en vue de lui permettre de poursuivre et de parachever, au cours du mois de mars 2011, l'accomplissement de son mandat consistant à formuler (...) une solution politique d'ensemble", poursuit le communiqué.
Créé en marge du dernier sommet de l'UA fin janvier à Addis Abeba, le panel devait initialement arrêter ses décisions fin février.
Présidé par le chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le panel est composé de Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Idriss Deby Itno (Tchad) et Jakaya Kikwete (Tanzanie).
A l'exception de Blaise Compaoré, exécré par le camp du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo qui l'accuse d'avoir pris partie pour son rival Alassane Ouattara, le panel s'était rendu à Abidjan du 21 au 23 février après une réunion à Nouakchott.
Ils y avaient étudié des propositions pour sortir la Côte d'Ivoire de la crise dans laquelle elle est plongée depuis la présidentielle du 28 novembre 2010, qu'ils avaient ensuite présentées à MM.Gbagbo et Ouattara.
Une nouvelle réunion du panel est prévue à Nouakchott le 4 mars, en présence cette fois du président Compaoré.
La bataille entre le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara continuait par ailleurs mardi sur le terrain médiatique avec la décision de huit journaux pro-Ouattara de suspendre leur parution à cause de "menaces" alors que la tension restait vive à Abidjan.
Notoirement partisane et virulente, la presse ivoirienne est depuis le début de la crise née du scrutin présidentiel du 28 novembre à la fois témoin et protagoniste.S'affrontent journaux soutenant le "président Gbagbo" et ceux acquis au "président Ouattara", reconnu par la communauté internationale comme le président élu.
Invoquant le "harcèlement judiciaire et policier" exercé selon eux par le camp adverse, huit journaux pro-Ouattara dont les titres-phares Le Patriote, Nord-Sud et Le Nouveau Réveil, ont suspendu mardi leur parution "jusqu'à nouvel ordre", a expliqué à l'AFP le porte-parole de leur collectif, Dembélé Al Séni.
"Nos journalistes sont en danger de mort permanent", a-t-il affirmé.
Le conflit autour des médias a déjà connu un développement spectaculaire avec la coupure, durant la journée de dimanche, du signal hertzien de la télévision publique RTI, pilier du régime Gbagbo.
Le centre émetteur avait été endommagé lors de combats entre Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales au président sortant et insurgés armés dans le quartier pro-Ouattara d'Abobo, à Abidjan.
Après des affrontements meurtriers la semaine dernière, Abobo (nord de la capitale) était à nouveau calme."La nuit a été tranquille", a déclaré mardi à l'AFP un habitant.
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