Getachew Balcha, chargé de la Communication des autorités de la région de l'Oromia, théâtre de la tuerie, a indiqué à l'AFP que 32 personnes avaient été tuées lors de l'attaque et que deux autres avaient succombé à leurs blessures. Huit sont toujours hospitalisées, selon lui.Sur la foi de survivants, Amnesty International estimait lundi le bilan à 54 morts. Un survivant, qui n'a souhaité être identifié que par son prénom, Abebaw, a indiqué mardi matin à l'AFP que 60 corps avaient été enterrés depuis la veille, et que d'autres devaient encore l'être dans l'après-midi.Dans un communiqué publié mardi, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, "constatant l'augmentation des violences intercommunautaires, appelle toutes les parties prenantes à éviter toute rhétorique incendiaire et à travailler à désamorcer les tensions dans le pays".Il appelle à un "amorcer un dialogue national inclusif et à bâtir un consensus national autour de questions-clés" et "souligne qu'un échec en la matière est susceptible d'avoir de graves conséquences non seulement dans le pays, mais dans la région dans son ensemble".Selon la Commission éthiopienne des Droits humains (EHRC), les victimes de ce qu'elle a qualifié de "massacre" sont issues de la communauté amhara, la deuxième plus importante après la communauté oromo.Selon les témoignages qu'elle a recueillis, les assaillants, qui ont profité du départ soudain des troupes déployées dans cette zone instable, ont rassemblé les victimes dans une école avant de les abattre.Selon Abebaw, les militaires sont revenus dans la zone. "Mais nous ne faisons confiance ni à eux ni aux autorités pour nous protéger", a-t-il indiqué.Lundi, les autorités régionales d'Oromia ont attribué cette attaque, survenue dans la zone de Wollega, à l'Armée de libération oromo (OLA).L'OLA est issue d'une scission du Front de libération oromo (OLF), groupe d'opposition qui a renoncé à la lutte armée depuis le retour d'exil de ses dirigeants après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed, premier dirigeant éthiopien oromo.Ces violences interviennent dans un contexte de violences ethniques croissantes qui mettent sous pression M. Abiy, lauréat en 2019 du prix Nobel de la paix et originaire de cette même région de l'Oromia.Les autorités régionales de l'Oromia ont également accusé - sans fournir de preuves - les autorités de la région septentrionale du Tigré, dirigée par le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF) de collaborer avec l'OLA "pour causer de l'instabilité dans la région (...) et le pays".Le TPLF a durant près de 30 ans dominé la coalition au pouvoir en Ethiopie et est entré en conflit avec M. Abiy qu'il accuse de l'avoir marginalisé, un litige susceptible de dégénérer violemment, s'inquiètent les analystes.
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