Les immigrés africains « otages » de la révolution libyenne

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La peur monte chez des milliers de ressortissants d'Afrique subsaharienne qui tentent de fuir les combats en Libye. Bloqués aux frontières Est et Ouest, fuyant difficilement par le Sud ou bloqués dans les villes libyennes ils craignent les représailles. En effet, depuis le début de la révolte des mercenaires seraient venus de plusieurs pays d'Afrique subsaharienne au secours du régime du colonel Kadhafi. Ce soutien présumé met tous les ressortissants de cette partie du continent en danger. Des problèmes aux frontièresD'après les témoignages sur place « très peu d'Africains d'origine subsaharienne franchissent le poste-frontière de Ras Jedir », en Tunisie. Pour les rares qui arrivent à sortir de Libye, l'attente est longue et aucun moyen de rapatriement n'a été mis en place. La situation est identique à l'Est du pays où certain Libyens ont décidé de venir en aide aux populations subsahariennes malgré les réticences des locaux. Ahmed Elgallal qui coordonne, à Benghazi, l'aide aux immigrés au sein de la coalition de la révolution témoigne : « Les migrants africains souffrent pour deux raisons : ils sont pétrifiés parce que les locaux ici les soupçonnent d'être des mercenaires, alors que ce n'est pas le cas. Je veux dire, nous avons de nombreux travailleurs africains en Libye. Ce sont des gens bons. Mais quand nous approchons des écoles dans des quartiers pour installer des camps, pour les loger -par exemple dans une école- les gens nous disent non. On n'est pas à l'aise avec cette idée. Et puis les Africains ont peur de sortir dans la rue parce qu'ils craignent d'être persécutés. Donc on doit les loger dans des camps cachés, sécurisés. On les nourrit, on leur donne des habits, et leurs gouvernements ne font rien pour les évacuer de Libye ! »Si la plupart des pays ayant des ressortissants sur place ont mis en place des programmes pour les évacuer à l'instar des pays de l'Union européenne, de la Chine ou des Etats Unis, ce n'est pas le cas des pays d'Afrique au sud du Sahara. Ainsi de nombreux immigrés provenant du Cameroun, du Mali, du Burkina Faso ou du Ghana n'ont aucune nouvelle de leurs gouvernements respectifs. «Les Noirs sont laissés pour compte. »Au delà du manque de soutien des pays d'origine des travailleurs subsahariens en Libye le premier écueil pour ces populations est le racisme ambiant généré par l'arrivée de mercenaires noirs au service de Kadhafi. Oboun Maabi, ghanéen d'origine, témoigne pour cyberpresse.ca : «Tous les opposants pensent que nous sommes des mercenaires de Kadhafi. Aujourd'hui, si on est noir à Zouara, on est mort.» Le Ghanéen a passé deux jours aux portes de la Tunisie, entouré de milliers d'autres travailleurs, surtout égyptiens, fuyant aussi les violences. Mais de jeunes Tunisiens, qui se sont improvisés garde-frontières au poste de Ras Jdir, ne laissaient pas entrer les Africains. «Les Noirs sont laissés pour compte. Beaucoup ont dû rebrousser chemin.» Oboun Maabi ne voulait pas retourner en Libye. Alors, très tôt hier matin, il a pris la route du Sahara, son baluchon à l'épaule. La traversée du désert a duré trois heures, par un temps glacial. «Je n'avais pas le choix de passer illégalement. Ma vie en dépendait.»Le HCR qui s'inquiète de leur situation a appelé à « l'ouverture totale des frontières sans discrimination. »Matthieu Jean

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