Les Johansen, la famille danoise retenue en otage depuis jeudi par des pirates, sont des passionnés d'aventures qui voulaient réaliser un rêve, mais aussi des marins expérimentés et responsables, conscients du danger de naviguer au large de la Somalie, selon des proches.
"Ils se portent bien, compte tenu des circonstances", selon un communiqué du ministère danois des Affaires étrangères qui indique "qu'un contact a été établi mercredi avec les pirates et les otages danois", sans préciser s'il en était à l'origine.
Une équipe professionnelle de sécurité "assiste gracieusement les proches de la famille dans les négociations avec les ravisseurs", a-t-il ajouté.
Le couple de quinquagénaires -Jan, ex-cadre communal et Birgit Marie, ingénieur- et leurs trois enfants, Rune, Hjalte et Naja, 17, 15 et 13 ans, étaient partis du Danemark en août 2009 pour un tour du monde à la voile, avec un retour prévu initialement à la fin de cet été.
Deux autres adultes invités complétaient l'équipage lorsque des pirates ont abordé leur grand voilier dans l'océan Indien avant de mettre le cap vers la Somalie, à environ 300 milles nautiques de là.
"Ceux qui ont navigué avec (Jan) savent qu'il place la sécurité au-dessus de tout", souligne Ole Meredin Petersen, président du club de voile de Kalundborg, le port d'attache de la famille situé dans l'est du Danemark.
"Il est toujours bien préparé", écrit-il dans une lettre publiée sur internet.
Après un an et demi sur la mer et plusieurs milliers de milles parcourus à travers l'Atlantique Nord, le Pacifique et l'océan Indien, la famille s'est montrée aussi raisonnable que possible pour tenter de rejoindre le passage obligé du canal de Suez.
"Ils n'ont pas cherché à se jeter dans la gueule du loup et ont pris des précautions en empruntant un couloir sécurisé", le plus loin possible des côtes somaliennes, souligne Daniel Jensen, 29 ans, qui a navigué avec les Johansen début 2010 entre le Panama et les îles Galapagos.
"Personne ne peut prévoir une situation dramatique comme celle là", déclare-t-il à l'AFP, comptant sur "la cohésion, le calme à toute épreuve et le sang-froid" de la famille.
"C'est un couple amoureux de la mer, presque né sur un bateau, très responsable et ne prenant pas de risques", renchérit un voisin, Carlo Knudsen.
Sur le blog de voyage que tenaient les Johansen, dont la dernière mise à jour remonte à la veille de leur capture, le skipper montre lui-même qu'il était inquiet, d'autant que quatre Américains aux mains de pirates somaliens venaient de trouver la mort au cours d'une tentative de sauvetage de l'armée.
"Mais ils n'ont jamais attaqué de voilier qui emprunte le couloir sécurisé", écrivait Jan le 19 février, dans un message où il explique avoir établi "un plan antipirates" et communiquer chaque jour la position du voilier aux navires antipiraterie de l'Otan qui surveillent la zone du golfe d'Aden.
"C'est rassurant de constater qu'elle (la force internationale) nous garde bien", ajoute-t-il.
Son fils cadet Hjalte le taquine même, dans le dernier message publié sur le site: "Jan a encore envoyé un millier de courriels pour dire que nous n'avons pas été abordés par des pirates", écrit l'adolescent.
Si leurs amis et leurs proches défendent les Johansen, certains marins danois, parfois anciens otages eux-mêmes, disent ne pas comprendre.
"Non, je ne me serais pas aventuré là-dedans avec femme et enfants.Je ne comprends pas que des gens raisonnables puissent naviguer dans ces eaux", déclare ainsi Niels Peter Hentze Nielsen au tabloïd Ekstra Bladet.
En 2007, ce capitaine du cargo danois Danica White a lui-même été retenu en otage par des pirates somaliens pendant 83 jours avec son équipage.
"Ils n'ont pas fait preuve de clairvoyance et on ne peut pas faire de +plan antipirates+ comme ils disent".Face à une attaque de pirates, "on ne peut rien faire", souligne-t-il.
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