Ethiopie: l'UA veut la fin des hostilités au Tigré, afflux de réfugiés au Soudan

Infos. L'Union africaine (UA) a réclamé mardi la fin des hostilités dans la région éthiopienne dissidente du Tigré, où les combats poussent des milliers d'habitants à fuir vers le Soudan.

Ethiopie: l'UA veut la fin des hostilités au Tigré, afflux de réfugiés au Soudan

Prix Nobel de la paix 2019, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a assuré mardi que les opérations militaires déclenchées le 4 novembre contre les autorités du Tigré se déroulaient "comme prévu" et étaient sur le point d'aboutir.

A la tête de la région, le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), qui fut tout-puissant durant les presque 30 ans qu'il passa aux commandes des institutions politiques et sécuritaires en Ethiopie, défie depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral de M. Abiy.

Ses dirigeants l'accusent de les avoir progressivement écartés du pouvoir depuis qu'il est devenu Premier ministre en 2018.

Le chef de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, a dit mardi suivre "avec inquiétude l'escalade de la confrontation militaire en Ethiopie" et a encouragé "les parties à dialoguer pour trouver une solution pacifique dans l'intérêt" du pays, proposant l'aide de l'organisation pour résoudre la crise.

Tout en rappelant le "ferme attachement" de l'UA à la souveraineté nationale de l'Ethiopie, le chef de l'exécutif de l'UA, dont le siège est à Addis Abeba, "appelle à la cessation immédiate des hostilités".

- milliers de réfugiés -

"Les opérations cesseront dès que la junte criminelle sera désarmée, une autorité légitime rétablie dans la région et les fugitifs arrêtés et traduits en justice", avait auparavant fait savoir Abiy Ahmed sur Twitter, en référence aux dirigeants du TPLF qu'il accuse notamment de fuir des poursuites judiciaires lancées pour corruption.

Le Premier ministre a assuré que ces objectifs "arrivent rapidement à portée de main".

En raison du blackout dans la zone, où réseaux téléphonique et internet sont très perturbés, et des restrictions de déplacements imposés aux journalistes, il est difficile de vérifier la situation sur le terrain.

Première conséquence directe visible toutefois, des milliers d'Ethiopiens fuyant les combats au Tigré ont traversé la frontière avec le Soudan, qui borde l'ouest de la région, a annoncé mardi à l'AFP Alsir Khaled, directeur de l'agence soudanaise pour les réfugiés dans la ville frontalière de Kassala.

Depuis lundi, 1.000 Ethiopiens ont rejoint l'Etat de Kassala, et 500 autres sont arrivés lundi dans l'Etat de Gedaref, parmi lesquels des soldats, a rapporté M. Khaled sans préciser à quel camp appartiennent ces militaires.

"Les réfugiés continuent d'affluer, la situation change d'heure en heure", a-t-il précisé.

Un témoin ayant requis l'anonymat a également rapporté que "des femmes et des enfants en bas âge tentaient la traversée" du Tekeze, l'un des affluents du Nil, qui longe la frontière.

- assertions contradictoires -

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) est "inquiet de l'impact du conflit en cours (...) sur la situation humanitaire au Tigré", qui abrite déjà de nombreux réfugiés érythréens et où "s'accroît la probabilité de déplacements internes", a indiqué mardi à Genève son porte-parole, Babar Baloch.

L'essentiel des combats rapportés jusqu'ici se concentrent dans la partie ouest du Tigré.

La radio-télévision d'Etat éthiopienne EBC a fait état mardi de la "prise complète" d'un aéroport situé à une soixantaine de km de la localité tigréenne d'Humera, frontalière du Soudan et de l'Erythrée.

Le TPLF a démenti via son Agence Tigray Mass Media qui a assuré que les "informations disséminées par le fasciste Abiy Ahmed étaient loin de la vérité".

Mardi, le président régional du Tigré Debretsion Gebremichael a accusé l'armée de l'Erythrée, pays qui borde toute la frontière Nord du Tigré, d'aider les forces éthiopiennes, en "bombardant" lundi les positions tigréennes et en pénétrant mardi en territoire tigréen.

A Addis Abeba, le porte-parole de la cellule de crise du gouvernement, Redwan Hussein, a simplement indiqué que des militaires éthiopiens avaient été contraints par les forces tigréennes de reculer en territoire érythréen où "ils se sont regroupés et repassent à l'offensive" côté éthiopien.

Aucune de ses assertions n'était vérifiable de sources indépendantes, pas plus qu'un premier bilan de 550 membres de forces tigréennes tués, donné mardi soir à l'EBC par le chef du Commandement Nord de l'armée éthiopienne, le général Belay Seyoum.

Désormais, tous les déplacements des journalistes étrangers "au Tigré, dans les périmètres frontaliers des zones de conflit et divers endroits du pays" sont soumis à l'obtention préalable d'une "lettre de recommandation" a annoncé mardi l'Autorité éthiopienne des médias (EBA).

Cette mesure vise à assurer "la sécurité des journalistes et leur permettre d'obtenir la coopération des autorités locales et responsables militaires sur le terrain", assure l'EBA.

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