L'Onu, l'UA et la Cédéao ont appelé jeudi à un second report de l'élection présidentielle prévue dimanche au Bénin, réclamé notamment par l'opposition qui affirme que plus d'un million d'électeurs n'ont pas été inscrits.
Une délégation de haut niveau de ces trois organisations, arrivée jeudi à Cotonou pour "s'enquérir de l'état des préparatifs des élections", a fait cette annonce à l'issue d'entretiens avec le président sortant et candidat Boni Yayi, ses principaux adversaires et des responsables électoraux.
"La délégation a exprimé son soutien à un report de quelques jours de l'élection présidentielle", a annoncé le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, qui a lu une déclaration commune lors d'un point de presse.
Le panel suggère que le vote soit remis "à une date qui soit compatible avec le respect des délais prescrits par la Constitution, notamment celui sur l'investiture du président de la république fixée au 6 avril 2011".
A l'approche du vote, opposition, syndicats et organisations de la société civile ont multiplié les appels à un report, avançant que plus d'un million d'électeurs n'avaient pas été enregistrés dans le nouveau fichier électoral électronique, qui compte quelque 3,5 millions d'inscrits.
Plusieurs manifestations ont eu lieu et de nombreux électeurs ont aussi affirmé ne toujours pas être en possession de leur carte.
Un report permettrait, selon le panel Onu-UA-Cédéao, "la finalisation du processus de distribution des cartes électorales, le parachèvement des dispositions nécessaires par la (commission électorale); la désignation et la formation de tous les agents de bureaux de vote".
Outre M. Djinnit, la délégation comprend le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra et le président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), Victor Gbeho.
Le premier tour de la présidentielle dans l'ancienne colonie française, initialement prévu le 27 février, a déjà été décalé d'une semaine en raison de retards dans la compilation du fichier.
Le gouvernement a prévenu qu'un deuxième report pourrait entraîner une crise constitutionnelle.
Le quinquennat de Boni Yayi expire le 6 avril et la loi fondamentale prévoit que son successeur prête serment d'ici cette date.Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue, un second tour doit se dérouler 15 jours après le premier, un scénario très probable selon les observateurs.
La loi prévoit aussi que le premier tour ait lieu 30 jours avant la fin du mandat présidentiel en cours, mais des façons de contourner ces impératifs étaient déjà à l'étude jeudi, notamment au parlement.
Quatorze candidats sont en lice pour l'élection qui se jouera essentiellement entre M. Yayi et l'opposant Adrien Houngbédji, qui convoite la présidence depuis vingt ans.Un troisième homme, l'économiste Abdoulaye Bio Tchané, pourrait se retrouver en faiseur de roi.
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