Libye: l'opposition attaque et progresse vers l'ouest, combats près de Tripoli

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RAS LANOUF (Libye) (AFP)

Les insurgés libyens, maîtres de l'est du pays, ont continué leur progression vendredi et affirmé avoir pris le contrôle d'une ville pétrolière stratégique, alors que l'opposition affrontait la police dans les rues de Tripoli. 

A Benghazi (est), fief de l'opposition et deuxième ville du pays, au moins 17 personnes ont été tuées dans deux explosions, à l'origine indéterminée, dans un dépôt d'armes.

Une source gouvernementale libyenne a affirmé que l'ouest du pays était "totalement sous le contrôle" du régime, mais que l'Est restait "problématique".

Les insurgés ont indiqué vendredi soir avoir pris le contrôle de Ras Lanouf (à plus de 300 km au sud-ouest de Benghazi) après de violentes combats avec les forces fidèles au dirigeant Mouammar Kadhafi, mais Tripoli a démenti.Un médecin a fait état de "nombreux morts et blessés".

Ras Lanouf est un port pétrolier stratégique à une centaine de kilomètres de Syrte, ville natale et fief du colonel Kadhafi, qui fait face depuis plus de deux semaines à une insurrection sans précédent depuis son arrivée au pouvoir il y a bientôt 42 ans.

A Ras Lanouf, un journaliste de l'AFP a vu des rebelles positionnés à l'extérieur du complexe des opérations pétrolières d'Harouge, des casernes militaires et du commissariat, mais il n'était pas possible de confirmer dans l'immédiat si les rebelles contrôlaient la totalité des zones résidentielles.

"Nous avons pris leurs casernes.La zone résidentielle est passée au peigne fin" pour trouver des éléments des forces pro-Kadhafi, a déclaré un des combattants rebelles, Saleh Sultan.

"Ils ont fui comme des lapins.Quand nous avons commencé à avancer, ils nous ont attaqués avec des missiles Grad et des armes lourdes.Mais nous avons continué à avancer", a affirmé un autre combattant, Abdelsalam.

Mais le vice-ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaaim, a déclaré que Ras Lanouf était sous le "contrôle" du régime et que "tout (était) calme" dans cette ville.

En revanche, Zawiyah, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli, pourrait avoir été reprise par les forces loyales au régime.Des combats y ont opposé l'armée aux insurgés, faisant de "nombreux" morts et blessés, selon un témoin et l'opposition.

"A Zawiyah, tout est revenu à la normale", a dit M. Kaaim, expliquant que la population s'était soulevée contre "les terroristes", avec le soutien de l'armée.

Mais un militant politique de Zawiyah, Mohammad Qassem, interrogé sur la chaîne qatarie Al-Jazira, a démenti la chute de la ville, tout en reconnaissant qu'elle était encerclée.Les manifestants anti-Kadhafi avaient pris le contrôle de Zawiyah dimanche.

A Tripoli, où des appels avaient été lancés pour profiter de la prière du vendredi pour se faire entendre, des affrontements ont opposé les forces de l'ordre à une centaine de manifestants scandant des slogans contre le régime, dans le quartier rebelle de Tajoura (est).La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les protestataires, selon des témoins.

Sur la place Verte (centre-ville), une centaine de personnes ont manifesté leur soutien au colonel Kadhafi, selon un journaliste de l'AFP.Des heurts limités ont eu lieu entre des petits groupes de manifestants pro et anti-Kadhafi non loin de là, a indiqué un témoin.

Au 18e jour de révolte, les insurgés avancent le long de la côte après deux jours d'âpres combats, notamment à Brega.

"Le plan est d'avancer petit à petit dans leur direction pour les pousser à reculer.Nous ne voulons pas nous battre, nous voulons leur imposer une pression psychologique (...).Mais si nous devons tuer pour remporter cette bataille, nous le ferons", a expliqué à l'AFP le colonel Bachir Abdelkader.

Un peu plus à l'est, le capitaine Chouaib al-Akaki, qui a rallié le camp de l'opposition, s'inquiétait à l'idée des combats à venir, forcément fratricides.

"Nous essayons de limiter les pertes des deux côtés.En Libye, nous sommes tous parents", a-t-il expliqué.

L'opposition a également manifesté à Benghazi, deuxième ville du pays et fief de l'insurrection.Quelque 5.000 Libyens ont prié après un prêche au cours duquel l'imam a promis que "la victoire était proche".

Vendredi soir, au moins 17 personnes ont été tuées dans deux explosions qui ont détruit un dépôt d'armes près de Benghazi, a déclaré un médecin de l'hôpital Al-Jala.

"Les deux explosions ont eu lieu à 18:30 (16:30 GMT)", a dit Nasser Tumi, qui enregistre les victimes dans cet hôpital.Les explosions simultanées ont eu lieu à la base militaire Al-Rajma, à quelque 20 km au sud-est de Benghazi.

Un journaliste de l'AFP, présent à l'hôpital, a vu 11 corps à la morgue, certains complètement défigurés et brûlés.

"Nous avons une grosse explosion dans un dépôt d'armes.Nous ignorons s'il s'agit d'un raid aérien ou d'un sabotage", a déclaré Moustapha Gheriani, un porte-parole du Conseil national établi par l'insurrection à Benghazi."La ville entière a tremblé".

Le cap des 100.000 réfugiés ayant franchi la frontière tuniso-libyenne pour fuir le chaos dans le pays a été franchi vendredi, selon la protection civile tunisienne.

Tripoli a par ailleurs donné son feu vert au gouvernement vénézuélien pour une commission de paix.La mission formée par "les Etats actifs et influents d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique" aura pour objectif de "contribuer à encourager le dialogue national qui a pour but d'assurer la sécurité et la stabilité du peuple libyen".

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