Le conseil de sécurité de l'ONU avait imposé en 1992 plusieurs sanctions à la Libye, qui refusait de procéder à l'extradition vers le Royaume-Uni ou les Etats-Unis de deux Libyens accusés d'être à l'origine de l'attentat à la bombe survenu en 1988 dans un avion américain, au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie. L'attaque avait tué les 259 passagers et membres d'équipage, ainsi que 11 personnes au sol, devenant l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire britannique.Mais lorsque le président américain Bill Clinton avait réclamé en 1995 le soutien du Royaume-Uni pour que ces sanctions de l'ONU soient élargies, le Premier ministre britannique de l'époque, John Major, avait écrit pour l'en dissuader. Une série de lettres remontant à 1995 et 1996, déclassifiée mercredi par les Archives nationales britanniques, montre que son gouvernement était préoccupé par l'impact économique de l'élargissement des sanctions. "Le ministre des Affaires étrangères a décidé que nous ne devrions pas soutenir les États-Unis dans leur démarche", peut-on lire dans une lettre de son secrétaire, qui invoque "une forte opposition" du "Trésor et du ministère du Commerce". "Cela aurait un impact direct sur les exportations britanniques vers la Libye, dont la valeur a probablement dépassé 230 millions de livres en 1995, dont environ 100 millions de livres liés au secteur pétrolier", a-t-il déclaré.A l'époque, le gouvernement britannique pensait que de nouvelles sanctions ne feraient pas changer d'avis le leader libyen sur l'extradition de ses citoyens, montrent les lettres déclassifiées. "Nous aimerions juger les deux accusés et obtenir leur condamnation", expose un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères dans une lettre au secrétaire de John Major, "mais la probabilité que Kadhafi les remette est infime".Clinton avait finalement signé en août 1996 une loi américaine imposant des sanctions aux entreprises étrangères qui investissaient massivement en Libye. En 1999, Kadhafi avait livrés les deux suspects et l'un d'eux, Abdelbaset Mohmet Al-Megrahi, avait été condamné à la prison à vie en 2001, clamant jusqu'à sa mort en 2012 son innocence. Sa famille a depuis saisi la plus haute cour d'appel pénale d'Ecosse et attend le verdict de cet appel posthume.
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