Deux chefs rebelles du Darfour (ouest du Soudan), accusés d'avoir mené une attaque en 2007 contre une mission de maintien de la paix au Darfour qui avait fait douze morts, seront jugés pour crimes de guerre, a annoncé mardi la Cour pénale internationale (CPI).
Ce sera le premier procès de la CPI concernant le Darfour.
"La chambre préliminaire considère qu'il y a des motifs substantiels de croire qu'Abdallah Banda et Saleh Jerbo sont pénalement responsables, en tant que coauteurs, au sens de l'article 25.3 a du Statut de Rome, de trois crimes de guerre", a indiqué la CPI dans un communiqué.
Les juges de La Haye ont considéré qu'"il y a des motifs substantiels de croire que l'attaque était dirigée contre le personnel (...), le matériel qui étaient impliqués dans une mission de maintien de la paix".Ceux-ci "avaient droit à la protection due aux civils et aux objets civils".
Les deux chefs rebelles, qui sont libres, sont "renvoyés en jugement" pour attaque contre une mission de maintien de la paix, meurtre et pillage, selon la même source.La date de leur procès sera fixée ultérieurement.
Abdallah Banda et Saleh Jerbo n'avaient pas fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI mais d'une citation à comparaître, délivrée le 27 août 2009.Ils s'étaient présentés volontairement devant la Cour le 17 juin 2010.
Ils avaient ensuite renoncé à leur droit d'assister à l'audience de confirmation des charges qui s'était tenue le 8 décembre 2010.
Les deux chefs rebelles ont "eux-mêmes physiquement participé à l'attaque", contre la Mission de l'Union africaine au Soudan (Muas) sur la base militaire d'Haskanita (nord du Darfour) le 29 septembre 2007, au cours de laquelle 12 soldats avaient été tués, avait alors affirmé le représentant du bureau du procureur.
Selon l'accusation, les deux hommes "se trouvaient dans les véhicules de tête" lors de l'attaque et avaient "ouvert le feu".Armés de canons antiaériens, de pièces d'artillerie et de lance-roquettes, les assaillants, un millier environ, avaient pillé et démantelé la base d'Haskanita, selon la même source.
La Cour avait refusé le 8 février 2010 de poursuivre un autre chef rebelle du Darfour, Bahar Idriss Abou Garda, pour l'attaque d'Haskanita, estimant insuffisants les éléments de preuve de l'accusation.
Le président du Soudan Omar el-Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.La guerre civile, qui a débuté en 2003, y a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l'ONU.Khartoum parle de 10.000 morts.
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