Paris n'attribue à aucun des camps la responsabilité de ce "crime injustifiable" mais "appelle à faire toute la lumière" sur le drame.Des vidéos macabres, non authentifiées, de personnes tuées, dont un enfant et une femme, circulent depuis lundi sur les réseaux sociaux. Des médias et ONG locaux accusent, également sur les réseaux sociaux, l'armée d'avoir tué "10 civils" dans le village de Mautu, dans la région du Sud-Ouest, sans toutefois apporter de preuves."La France condamne l'attaque de Mautu (...) qui a fait 8 victimes civiles dimanche 10 janvier 2021 dans des circonstances pour le moment non élucidées", lit-on mardi dans un communiqué posté sur la page Facebook et sur le site internet de l'ambassade de France au Cameroun. Paris condamne "l'usage indiscriminé de la violence contre les civils et appelle à faire toute la lumière sur ce crime injustifiable", selon les termes du communiqué.Lundi soir, l'armée avait assuré avoir tué dimanche à Mautu "quelques terroristes" sécessionnistes qui avaient ouvert le feu sur des militaires menant un "raid préventif", et démenti que les victimes étaient des civils. "Des leaders terroristes (...) ont conçu (...) un fatras d'images macabres pour essayer de faire endosser à nos forces de défense un aveugle massacre perpétré à Mautu", selon l'armée qui a toutefois annoncé "une enquête minutieuse pour faire toute la lumière".Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont en proie depuis plus de trois ans à un sanglant conflit entre des groupes armés, qui réclament l'indépendance de ces deux régions peuplées principalement par la minorité anglophone camerounaise, et les forces de sécurité.Les civils sont fréquemment victimes de crimes et d'exactions des deux camps, selon des ONG internationales et l'ONU. Ce conflit a fait plus de 3.000 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile. Le 17 décembre s'est ouvert à Yaoundé le procès aussitôt ajourné de trois soldats pour les meurtres de 13 civils, dont 10 enfants, dans un hameau du Nord-Ouest, Ngarbuh, en février 2020. L'ONU, elle, avait dénombré 23 civils tués, dont 15 enfants et deux femmes enceintes. Le régime du président Paul Biya, 87 ans dont plus de 38 au pouvoir, avait longtemps nié la responsabilité de ses militaires, assurant que le drame était la conséquence d'un "malheureux accident", l'explosion d'un réservoir de carburant dans un échange de tirs entre les militaires et les "terroristes".Mais après un tollé et d'intenses pressions internationales, notamment de la France, le gouvernement avait finalement arrêté trois militaires accusés d'avoir violé les consignes et d'avoir maquillé leur crime en accident dans leur rapport.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.