Libye: récompense pour l'arrestation du chef des insurgés, violents combats

Infos. ...

RAS LANOUF (Libye) (AFP)

Le régime libyen de Mouammar Kadhafi a promis mercredi une récompense à toute personne qui livrerait le président du Conseil national mis en place par les rebelles, au moment où ses forces multipliaient les attaques dans l'Est, contraignant les insurgés à reculer. 

Cette récompense, de 410.000 dollars, sera remise à toute personne livrant Moustapha Abdeljalil aux autorités, a annoncé la télévision d'Etat libyenne, au 23e jour d'une insurrection sans précédent.

Le Conseil de transition, mis en place le 27 février par les opposants pour préparer la transition, siège à Benghazi, deuxième ville libyenne et épicentre de l'insurrection à 1.000 de km à l'est de  Tripoli.Il est présidé par M. Abdeljalil, l'ex-ministre de la Justice.

Le colonel Kadhafi a par ailleurs dépêché un émissaire au Caire, Abdelrahmane al-Zawi, membre de son cercle rapproché.Un émissaire de Kadhafi était par ailleurs en route pour le Portugal, pour y rencontrer le chef de la diplomatie portugaise, Luis Amado, à la veille d'une réunion à Bruxelles des ministres européens des Affaires étrangères consacrée à la Libye, a indiqué à l'AFP un diplomate européen.

Sur le terrain, où les combats ont fait des centaines de morts et poussé à la fuite près de 200.000 personnes depuis le 15 février, les forces de M. Kadhafi semblaient gagner du terrain sur le front Est face aux insurgés.Ceux-ci contrôlent la région orientale pétrolière ainsi que certaines localités de l'Ouest, alors que Tripoli et sa région proche sont aux mains des pro-Kadhafi.

Après avoir essuyé des tirs d'artillerie et des frappes aériennes des forces loyalistes, de très nombreux combattants rebelles, amassés dans des dizaines de véhicules, se repliaient vers Ras Lanouf (est), ville stratégique pétrolière tenue par les insurgés, selon un journaliste de l'AFP.

 Un avion de chasse a mené une attaque à un kilomètre environ de la raffinerie située aux abords de Ras Lanouf.

Un peu plus tôt, d'importantes explosions avaient été suivies par d'immenses flammes et des boules de feu dans le ciel au-dessus de la raffinerie As-Sidra.Les rebelles semblaient pourtant auparavant avoir gagné un peu de terrain vers l'ouest.Mais les troupes gouvernementales ont tiré une dizaine d'obus, obligeant les rebelles à battre en retraite vers l'est.

Les rebelles avaient pris Ras Lanouf vendredi puis atteint Ben Jawad, une quarantaine de kilomètres plus à l'ouest, avant d'en être délogés dimanche par les forces pro-gouvernementales.

Par ailleurs, des témoins ont affirmé que des forces loyalistes convergeaient en nombre vers Misrata, tenue par l'opposition, à 150 km à l'est de Tripoli.

Non loin de là, l'opposition contrôlait Zenten, toujours encerclée, selon un témoin.

A l'ouest, des "manifestations monstre" en soutien à M. Kadhafi étaient organisées à Zawiyah, théâtre de violents affrontements entre rebelles et forces loyalistes, selon la télévision d'Etat. Zawiyah, 40 km à l'ouest de Tripoli, est le bastion des insurgés le plus proche de la capitale.

L'opposition avait indiqué ces deux derniers jours que les forces du numéro un libyen lançaient des assauts sur Zawiyah dans une tentative de la reprendre des mains des rebelles, faisant des dizaines de blessés.

Mouammar Kadhafi, qui a juré de réprimer dans le sang la rébellion, a donné une série d'interviews à des médias étrangers et à la télévision libyenne, pour accuser pêle-mêle l'Occident et Al-Qaïda d'être responsables de la rébellion.

"Si Al-Qaïda réussit à s'emparer de la Libye, alors la région toute entière, jusqu'en Israël, sera la proie du chaos", a-t-il dit à la chaîne publique turque TRT.

Il a estimé qu'en cas de mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, "les Libyens verront ce que ces pays veulent vraiment faire -prendre leur pétrole- et ils prendront alors les armes".

Après plus de 40 ans de règne sans partage, le dirigeant libyen a aussi réaffirmé qu'il ne quitterait pas le pouvoir, malgré les sanctions internationales et l'ouverture d'une enquête de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Après avoir appelé en vain à son départ, les Etats-Unis et l'Europe se sont tournés vers l'opposition, rencontrant respectivement au Caire et à Strasbourg des représentants du Conseil national de transition.

Mais à la veille des concertations des Occidentaux à Bruxelles au sein de l'Otan et de l'Union européenne, la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton a refusé de soutenir la reconnaissance du Conseil national libyen, estimant que cette décision revenait "au Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement".

Paris, Washington et Londres continuaient de leur côté d'étudier les moyens d'arrêter la répression, dont l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne.Le vice-président américain Joe Biden se trouvait en Russie, réticente à une telle zone.Berlin s'est de son côté montré prudent, soulignant qu'il ne s'agissait que "d'une option".

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Libye: récompense pour l'arrestation du chef des insurgés, violents combats