Lundi, le procureur de la Cour de cassation a sollicité le bureau du Sénat pour qu'il "autorise l'instruction" à charge contre M. Thambwe Mwamba, "pour détournement des deniers publics et lui permettre ainsi de présenter ses moyens de défense", selon une lettre dont une copie est parvenue à l'AFP.Le présumé détournement concerne "deux millions d'euros" et "un million de dollars" que le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba s'est fait remettre "à sa résidence" le 6 janvier, affirme le procureur Victor Mumba dans cette lettre adressée "aux membres du Bureau du Sénat".Dans sa réponse à la requête du parquet, le bureau du Sénat a confirmé que M. Alexis Thambwe avait "accepté de loger ces fonds provisoirement à son domicile", à cause d'"une forte effervescence", ce jour-là, dans les locaux de l'Assemblée nationale qui jouxtent ceux du Sénat. Le lendemain, "le trésorier a récupéré les fonds pour les acheminer à la trésorerie du Sénat", précise-t-on dans cette correspondance signée par Tibasima Mbogemu Ateenyi, deuxième vice-président du bureau de la chambre haute du parlement.En conséquence, le bureau du Sénat "estime qu'il n'y a pas matière à autoriser l'instruction sollicitée, les faits décrits ne s'analysant pas en infraction tels que vantés".Pendant la période des vacances parlementaires, le bureau du Sénat est habilité à autoriser ou à s'opposer à des poursuites contre un sénateur.Cette requête contre M. Thambwe, dernier partisan de l'ancien président Joseph Kabila encore à la tête d'une institution, intervient quelques jours après la chute du Premier-ministre pro-Kabila, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, à l'issue d'un vote contre son gouvernement à l'Assemblée nationale.- "Le dernier pion" -En pleines vacances parlementaires, les sénateurs ont été convoqués mardi par M. Thambwe Mwamba pour l'examen et l'adoption du projet de loi autorisant la ratification par la RDC de l'accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), voulue par le président Félix Tshisekedi. Mardi également, une motion de censure, pour "mauvaise gestion", signée par 64 sénateurs sur 109 au total, a été déposée contre l'ensemble des membres du bureau du Sénat, sauf son vice-président Samy Badibanga, un pro-Tshisekedi. Le Sénat étant majoritairement contrôlé par les partisans de l'ex-président Kabila, "en cas de vote de la motion, cela voudrait signifier que le dernier pion du disposition de Kabila sera balayé, laissant totalement les coudées franches à Tshisekedi", a analysé le caricaturiste congolais Thembo Kash qui dessine au quotidien l'actualité politique congolaise.L'attaque politique contre M. Thambwe intervient dans un contexte d'offensive du camp du président Tshisekedi contre celui de son prédécesseur Kabila. Le chef de l'État Félix Tshisekedi a signé sa première victoire le 10 décembre en retournant en sa faveur la majorité à l'Assemblée nationale, à travers la destitution de sa présidente pro-Kabila, Jeannine Mabunda.Missionné par le président pour identifier une nouvelle majorité à la chambre basse du parlement, le sénateur Modeste Bahati a indiqué le 28 janvier dans un rapport qu'il existait désormais une majorité pro-Tshisekedi de 391 députés sur les 500.M. Tshisekedi avait été proclamé vainqueur des élections du 30 décembre 2018, qui avaient permis à M. Kabila de garder le contrôle du Parlement. Les résultats officiels avaient été largement contestés par une partie de l'opposition.
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