Une centaine de manifestants ont été dispersés dans la capitale après s'être réunis à l'occasion de la Journée de la Libération, un jour férié commémorant le début de la révolution contre la domination coloniale portugaise, pour organiser des manifestations antigouvernementales non autorisées.Outre les mauvaises conditions de vie, la corruption présumée de l'Etat et le report des élections locales, les manifestants ont également dénoncé la violente répression policière contre une manifestation séparatiste samedi, qui a fait au moins six morts dans le Nord-Est du pays.A Luanda, les forces de sécurité à cheval étaient déjà positionnées jeudi lorsque les manifestants se sont rassemblés pour leur marche, les dispersant avec des matraques et des gaz lacrymogènes et arrêtant des dizaines de personnes. Des manifestants ont lancé des pierres en représailles, a constaté un journaliste de l'AFP.Cette répression a eu lieu alors que l'ONG Human Rights Watch (HRW) exhortait le gouvernement angolais à restreindre l'usage "excessif" de la force et des armes à feu contre des manifestations pacifiques.Les forces de sécurité ont violemment dispersé une série de manifestations antigouvernementales qui ont pris de l'ampleur au cours du second semestre 2020, tirant à balles réelles et des gaz lacrymogènes sur la foule.Samedi, elles ont ouvert le feu sur des membres du mouvement séparatiste Lunda Tchokwe dont le rassemblement n'avait pas été autorisé, dans la ville minière de Cafunfo (province de Lunda Norte), à plus de 700 km à l'est de Luanda.HRW a affirmé qu'au moins dix manifestants non armés avaient été tués, 20 blessés et 16 arrêtés, alors que la police, qui a affirmé avoir agi en état de légitime défense, n'a fait état que de quatre morts lundi.Le gouvernement a promis l'ouverture d'une enquête sur ces violences.Etablir "la responsabilité des violations graves commises par les forces de sécurité est essentielle pour éviter qu'elles ne se reproduisent", a déclaré jeudi Zeinada Machado, chercheuse à HRW Afrique, dans un communiqué.Les manifestations publiques étaient relativement rares en Angola et ont souvent été ciblées par les forces de sécurité sous le règne de l'ex-président Jose Eduardo dos Santos, qui a démissionné en 2017.Son successeur, Joao Lourenco, avait brièvement suscité des espoirs de changement après près de quatre décennies marquées notamment par le népotisme.La police est notoirement violente dans ce pays d'Afrique du Sud-Ouest, théâtre d'une guerre civile de 1975 à 2002 et de près de quatre décennies de répression de toute dissidence sous M. dos Santos.
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