L'Erythrée rejette les affirmations de Washington sur son implication au Tigré

Infos. L'Erythrée a qualifié vendredi de "fausses" les allégations américaines sur l'implication de troupes érythréennes dans le conflit dans la région éthiopienne voisine du Tigré.

L'Erythrée rejette les affirmations de Washington sur son implication au Tigré
Les Etats-Unis font état depuis plusieurs semaines "d'informations crédibles" sur une implication de l'Erythrée au Tigré, appuyées par divers témoignages sur place, mais aussi par des déclarations de responsables gouvernementaux et militaires éthiopiens.Vendredi sur Facebook, l'ambassade américaine à Asmara fait part de sa "grave inquiétude concernant des informations crédibles sur des violations des droits humains commis par les forces érythréennes et d'autres acteurs au Tigré" et réitère l'appel lancé par Washington à Asmara à "retirer ses forces du Tigré immédiatement"."L'Erythrée rejette la déclaration injustifiée postée sur Facebook (vendredi) par l'ambassade américaine à Asmara et les allégations fausses et spéculatives qu'elle renferme", déclare le ministre érythréen de l'Information Yemane Gebremeskel sur son compte Twitter.C'est une des rares réactions de cette nation isolée d'Afrique de l'Est, dont l'implication aux côtés des forces fédérales éthiopiennes au Tigré reste officiellement démentie par Asmara et Addis Abeba.Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire contre les autorités régionales du Tigré, issues du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité depuis plusieurs mois.Il a affirmé répondre à l'attaque de bases militaires par les forces du TPLF, parti qui détint durant près de 30 ans les leviers de pouvoirs à Addis Abeba avant d'être marginalisé quand celui-ci devint Premier ministre en 2018.M. Abiy a proclamé la fin du conflit le 28 novembre avec la prise de la capitale régionale Mekele, mais des combats sont régulièrement signalés.Aucun bilan précis du conflit au Tigré n'est disponible, mais plus de 50.000 personnes ont trouvé refuge au Soudan voisin et plus de 63.000 ont été déplacés à l'intérieur de la région, selon l'ONU.L'accès au Tigré reste restreint pour les organisations humanitaires et les médias, rendant difficile la vérification de la situation.L'ONU a estimé jeudi dans un rapport la situation humanitaire "très alarmante", évoquant des pénuries de nourriture, eau, argent liquide, matériel médical..."Avec les combats et affrontements en cours signalés dans plusieurs parties du Tigré, dont des violences contre les civils, la situation humanitaire continue de se détériorer rapidement", selon l'ONU.Le gouvernement éthiopien estime exagéré de parler de faim au Tigré et affirme progresser pour répondre aux besoins de ses quelque six millions d'habitants (environ 6% de la population éthiopienne).Jeudi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a fait part de sa "grande préoccupation au sujet de la crise humanitaire" au Tigré et "réclamé un accès humanitaire immédiat, total et sans entraves".

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