Les dégâts ont pu être déterminés grâce à des images satellites des camps de Hitsats et Shimelba, selon un communiqué de l'ONG internationale."Nous condamnons la destruction criminelle de nos bâtiments et locaux que nous avons mis sur pied pour servir des réfugiés en grand besoin" d'aide, a déclaré le secrétaire général du NRC, Jan Egeland. "Ce déchaînement de pillages et d'incendies par des hommes armés accentue un peu plus une crise déjà aiguë pour des millions de personnes".Le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la paix 2019 Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire d'envergure pour déloger les autorités dissidentes de la région du Tigré, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).Cette opération militaire a été déclenchée après des mois de tensions avec les dirigeants du TPLF, qui détenaient l'ensemble des leviers du pouvoir avant l'arrivée au pouvoir de M. Abiy en 2018. Avant le début de cette crise, le Tigré abritait près de 100.000 réfugiés érythréens ayant fui le régime autocratique du président Issaias Afeworki.D'anciens réfugiés d'Hitsats ont rapporté à l'AFP que des forces pro-TPLF et des troupes érythréennes, qui ont combattu aux côtés des forces fédérales d'Addis Abeba, s'étaient rendues coupables de meurtres et d'enlèvements.Certains de ces réfugiés, qui ont depuis trouvé refuge dans un autre camp du sud du Tigré, affirment que les soldats érythréens contrôlaient le camp de Hitsats début janvier et qu'ils en avaient chassé tous les habitants.Les deux camps demeurent inaccessibles aux Nations unies ou à la Commission éthiopienne des droits de l'homme. La crise au Tigré a été marquée par un blackout quasi-intégral imposé par Addis Abeba sur la région. La semaine dernière, la société d'enquête britannique DX Open Network s'est inquiétée d'un possible "ciblage systématique" des camps de réfugiés du nord du Tigré, au regard des dégâts constatés sur les images satellites.Les gouvernements éthiopien et érythréen démentent officiellement l'implication de troupes d'Asmara dans le conflit. Mais la présence de ces dernières a été attestée par des habitants, des travailleurs humanitaires et même des responsables éthiopiens civils et militaires déployés au Tigré.Lundi, l'Union européenne a appelé au retrait des forces érythréennes de la région, estimant qu'elles "alimentaient la guerre au Tigré, commettaient semble-t-il des atrocités et exacerbaient les violences ethniques".Les Etats-Unis ont récemment lancé un appel similaire, auquel Asmara a répondu en accusant Washington de répandre "des allégations fausses et fondées sur des présomptions".
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