Le 11 décembre 2020, Awwalun Daudawa et des dizaines d'hommes armés avaient kidnappé au moins 344 garçons dans un pensionnat de la ville de Kankara, dans l'Etat de Katsina.
Ils avaient agi pour le compte du groupe jihadiste Boko Haram, qui avait revendiqué le rapt dans une vidéo, mais dont le bastion se trouve à des centaines de kilomètres, dans le nord-est du Nigeria.
Ce rapt était intervenu alors que le président Muhammadu Buhari, originaire de l'Etat de Katsina, effectuait une visite d'ordre privé dans cette région.
Les enfants avaient été libérés après une semaine de captivité à la suite de négociations entre ces gangs et les gouvernements de Katsina et Zamfara.
Awwalun Daudawa s'est rendu aux autorités locales lundi avec six membres de son groupe armé, a déclaré le porte-parole du gouvernement de l'Etat de Zamfara, Zailani Bappa, dans un communiqué.
Ce chef de gang a "remis les armes" et "a juré avec ses combattants sur le Saint Coran de ne pas revenir à leurs anciennes pratiques", selon le communiqué.
Depuis près de dix ans, le nord-ouest et le centre du Nigeria sont en proie aux violences de groupes criminels qualifiés localement de "bandits", qui multiplient les enlèvements contre rançon et les vols de bétail.
Ces bandes criminelles se cachent souvent dans des camps dans la forêt de Rugu, qui s'étend sur quatre Etats du nord et du centre du Nigeria: ceux de Katsina, de Zamfara, de Kaduna, et du Niger.
Depuis lundi, au moins 23 personnes ont été tuées dans plusieurs attaques de villages de l'Etat de Kaduna, ont annoncé mardi les autorités locales.
L'attaque la plus meurtrière a eu lieu dans le district de Birnin Gwari, où 10 personnes sont mortes et trois autres ont été blessées.
L'Armée de l'air nigériane a poursuivi ces bandits et a effectué des frappes visant certains de ces groupes à Chikun, Birnin Gwari, Giwa et Igabi, selon le communiqué.
Samedi, des "bandits" avaient également tué 19 personnes dans deux attaques de villages dans le même Etat.
- Liens avec les jihadistes -
Depuis 2011, ces violences ont fait plus de 8.000 morts, et forcé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile, selon un rapport du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) publié en mai 2020.
Jusqu'ici, les autorités ont notamment cherché à négocier des accords de paix avec ces bandits, leur offrant une amnistie en échange de la remise de leurs armes.La reddition de M. Daudawa intervient dans le cadre de ces accords, selon le communiqué de l'Etat de Zamfara.
"Des dizaines d'autres bandits armés cachés dans la forêt m'ont contacté et se disent prêts à cesser les hostilités à condition qu'ils ne soient pas harcelés par la suite", a affirmé Awwalun Daudawa devant des journalistes.
Ces bandes sont motivées par l'appât du gain, mais certaines ont tissé des liens étroits avec les groupes jihadistes présents dans le Nord-Est.
L'enlèvement de ces centaines de garçons avait ainsi provoqué un émoi mondial, et ravivé le souvenir de l'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 jeunes filles à Chibok en 2014.
Ce rapt de masse avait été coordonné par Awwalun Daudawa en collaboration avec deux autres "bandits" notoirement connus, Idi Minoriti et Dankarami, selon des informations recueillies par l'AFP.
Awwalun Daudawa, âgé de 43 ans, est à l'origine un voleur de bétail qui s'est reconverti dans le trafic d'armes, notamment entre la Libye et le nord du Nigeria, où il commerçait avec des groupes criminels ou jihadistes.
Au fil du temps, il a noué une alliance avec Boko Haram, dont il est devenu le marchand d'armes, avait indiqué une source sécuritaire à l'AFP.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.