Libye: la Ligue arabe pour une zone d'exclusion, le régime continue ses raids

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AL-UQAILA (Libye) (AFP)

La Ligue arabe, réunie au Caire, s'est prononcée samedi en faveur d'une zone d'exclusion aérienne en Libye et pour des contacts avec une opposition qui subit  les assauts aériens des partisans de Kadhafi.

Alors que les loyalistes avancent vers l'est le long de la côte libyenne, repoussant les rebelles, l'un des fils du leader Mouammar Kadhafi a promis "une guerre jusqu'au bout", se disant confiant dans une victoire des troupes gouvernementales.

"Bientôt, tout sera fini", a dit Seif al-Islam Kadhafi à des journaux italiens, affirmant que les troupes du régime avaient déjà repris "90% du pays"."Ces terroristes ne parlent pas de démocratie, d'élections, de valeurs: ce sont simplement des terroristes", a-t-il assuré.

Mais le Conseil national de transition (CNT), créé par l'opposition et basé à Benghazi à près de 1.000 km à l'est de Tripoli, a obtenu de la Ligue arabe de le reconnaître en tant que représentant du pays et de donner son accord à une zone d'exclusion aérienne.

La réunion extraordinaire de la Ligue arabe s'est ouverte au Caire en présence de 11 ministres des Affaires étrangères et du secrétaire général de l'organisation panarabe, Amr Moussa, qui avait plaidé pour la zone d'exclusion.

La mise en place d'une telle opération nécessite des centaines d'avions pour interdire le survol d'un territoire de près de 1,8 million de km2 et clouer au sol l'aviation libyenne, une arme actuellement utilisée par le régime pour reconquérir les villes aux mains de rebelles moins bien armés.

Les Etats-Unis et l'Union européenne semblaient hésitants à prendre une telle mesure, même s'ils ont souligné la possibilité d'utiliser "toutes les options" contre M. Kadhafi, qui reste sourd aux appels à arrêter la répression et à quitter le pouvoir.

L'UE insiste pour "une base juridique claire et le soutien de la région" avant toute action alors que Washington souhaite un mandat de l'ONU.

Signe de cette hésitation, le ministre américain de la Défense, Robert Gates, a dit qu'il n'était pas sûr qu'imposer une zone d'exclusion soit une décision "sage", même si les Etats-Unis et leurs alliés avaient la capacité de le faire.

Sur le terrain, l'aviation a lancé deux nouveaux raids sur un poste de contrôle des insurgés à Al-Uqaila, sur la ligne de front entre les rebelles et les troupes régulières dans l'Est.

Al-Uqaila est située à l'est du site pétrolier de Ras Lanouf, ancien poste avancé de l'insurrection vers l'ouest mais reconquis par les pro-Kadhafi après des bombardements intenses.Samedi, une épaisse fumée s'en dégageait, selon un journaliste de l'AFP.

Après les raids, des dizaines de véhicules transportant des rebelles ont fui Al-Uqaila vers Brega, un peu plus à l'est.Autre site pétrolier stratégique, Brega avait l'aspect d'une ville fantôme samedi après-midi.Elle était désertée par les habitants et aucun signe ne permettait de dire qui la contrôlait, selon un journaliste de l'AFP.

Des médecins soignant les blessés sur le front ont appelé la Croix-Rouge internationale à l'aide.

Dans l'ouest du pays, les forces du régime ont fêté vendredi leur victoire à Zawiyah (40 km de Tripoli), bastion rebelle tombé après plus de deux semaines de résistance acharnée.

Des témoins ont fait état de combats très violents dans cette ville, certains parlant de "massacre".D'autres ont évoqué des vagues d'arrestations.

Les rebelles contrôlaient toujours Misrata (150 km à l'est de Tripoli) et plusieurs villes du Nord-Ouest, en particulier dans la région montagneuse du Jabal Al-Gharbi, selon des témoignages.

A Benghazi, malgré les tristes nouvelles du front, des volontaires quasi désarmés continuaient de s'enrôler."Nous n'avons pas peur de cette armée composée à 90% de mercenaires.Nous pouvons les battre", a assuré Khaled, qui a perdu un neveu de 21 ans dans les combats à Ras Lanouf.

Sur le plan diplomatique, l'Union européenne a reconnu le CNT comme un "interlocuteur politique", sans toutefois le reconnaître officiellement comme a fait la France.

L'Union africaine a chargé les présidents de Mauritanie, du Congo, du Mali, d'Afrique du Sud et d'Ouganda d'animer un comité pour trouver une issue au conflit.

Au 26e jour de l'insurrection contre le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, une mission humanitaire de l'ONU était attendue en Libye pour "évaluer les besoins humanitaires".

"Cette mission doit visiter les hôpitaux et se faire une idée de nos stocks de produits alimentaires et de médicaments", a déclaré le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaaim, assurant que ces stocks étaient "suffisants pour six mois".

L'Organisation internationale pour les migrations négociait avec les autorités l'envoi d'une autre mission humanitaire sur le rapatriement de milliers d'immigrants.Depuis le 15 février, plus de 250.000 personnes ont fui la Libye, selon l'ONU, et la répression sanglante de la révolte a fait des centaines de morts.

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