Libye: le régime continue ses raids, les Arabes pour une zone d'exclusion

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AL-UQAILA (Libye) (AFP)

Le régime libyen, déterminé à venir à bout de l'insurrection, a de nouveau lancé samedi son aviation contre les rebelles, au moment la Ligue arabe s'est dite favorable à une zone d'exclusion aérienne, selon des diplomates, pour empêcher de tels bombardements.

Alors que les loyalistes avançaient vers l'Est le long de la côte libyenne, repoussant davantage les rebelles, l'un des fils du leader Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, a promis "une guerre jusqu'au bout", se disant confiant dans une victoire des troupes gouvernementales.

"Bientôt, tout sera fini", a-t-il dit à des journaux italiens, affirmant que les troupes du régime avaient déjà repris "90% du pays.

Le Conseil national de transition (CNT), créé par l'opposition et basé à Benghazi à près de 1.000 km à l'est de Tripoli, a demandé à la Ligue arabe de le reconnaître en tant que représentant du pays et de donner son accord à une zone d'exclusion aérienne.

Selon des diplomates, les ministres des Affaires étrangères et représentants des 21 membres de la Ligue arabe se sont mis d'accord pour inviter le Conseil de sécurité de l'ONU à imposer cette zone d'exclusion aérienne "pour protéger le peuple libyen".

"La décision de la mise en place d'une zone d'exclusion a été acceptée par les ministres arabes, à l'exception de ceux d'Algérie et de Syrie", a déclaré l'un des diplomates.Mais les réserves émises par Alger et Damas n'empêchent pas l'adoption de la résolution.

Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, avait plaidé pour une telle zone, alors que la répression sanglante de la révolte a fait des centaines de morts depuis le 15 février et poussé à la fuite plus de 250.000 personnes selon l'ONU.

La mise en place d'une telle opération nécessite des centaines d'avions pour interdire le survol d'un territoire de près de 1,8 million de km2 et clouer l'aviation libyenne au sol.

Les Etats-Unis et l'Union européenne semblaient hésitants à adopter une telle mesure, même s'ils ont souligné la possibilité d'utiliser "toutes les options" contre M. Kadhafi, qui reste sourd aux appels à arrêter la répression et à quitter le pouvoir après plus de quatre décennies de règne.

Aussi bien l'UE, qui a reconnu le CNT comme un "interlocuteur politique", que les Etats-Unis insistent sur la nécessité d'un mandat de l'ONU.

Signe de cette hésitation, le ministre américain de la Défense, Robert Gates, a déclaré qu'il n'était pas sûr qu'imposer une zone d'exclusion aérienne soit une décision "sage", tout en assurant que les Etats-Unis et leurs alliés avaient la capacité de le faire.

Sur le terrain, l'aviation a lancé deux nouveaux raids sur un poste de contrôle des insurgés à Al-Uqaila, sur la ligne de front à quelques dizaines de kilomètres l'est de la ville pétrolière de Ras Lanouf, ancienne base avancée de l'insurrection reconquise par les pro-Kadhafi après des bombardements intenses.

Les forces pro-Kadhafi ont fêté samedi la reconquête de Ras Lanouf et de la bourgade de Ben Jawad, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest, où les destructions témoignaient de la violence des combats, selon un journaliste de l'AFP.

Après les raids et alors que des avions de chasse survolaient la zone, des dizaines de véhicules transportant des rebelles ont fui Al-Uqaila vers Brega, à 40 km plus à l'est.Autre site pétrolier stratégique, Brega ressemblait à une ville fantôme.Elle était désertée par les habitants et aucun signe ne permettait de dire qui la contrôlait, selon un journaliste de l'AFP.

Les insurgés semblent se concentrer sur ce nouveau front, avec quelque 70 combattants visibles sur la route côtière menant à Brega.

"Ce matin, nous étions à 30 km (à l'ouest) d'ici, mais nous avons dû nous replier en raison du bombardement", a expliqué à l'AFP un rebelle armé d'une kalachnikov au point de contrôle bombardé d'Al-Uqaila."Inchallah, nous allons essayer d'envoyer des gens pour la contre-attaque", a-t-il ajouté.

A mesure que les rebelles se replient vers l'Est, ils se rapprochent plus de la ville d'Ajdabiya, qui mène au fief de l'insurrection, Benghazi.

Dans l'ouest du pays, Zawiyah, qui fut le bastion rebelle le plus proche de la capitale, est tombée aux mains du régime qui a fêté vendredi sa "victoire" après plus de deux semaines de résistance acharnée.Des témoins ont parlé de combats très violents, certains de "massacre".D'autres ont évoqué des vagues d'arrestations.

En revanche, les rebelles contrôlaient toujours Misrata (150 km à l'est de Tripoli) et plusieurs villes du Nord-Ouest, en particulier dans la région montagneuse du Jabal Al-Gharbi, selon des témoignages.

Malgré les mauvaises nouvelles du front, des volontaires quasi désarmés continuaient de s'enrôler à Benghazi."Nous n'avons pas peur de cette armée composée à 90% de mercenaires.Nous pouvons les battre", a assuré l'un d'eux.

Au 26e jour de l'insurrection, une mission humanitaire de l'ONU était attendue en Libye pour "évaluer les besoins humanitaires".Elle doit "visiter les hôpitaux et se faire une idée de nos stocks de produits alimentaires et de médicaments", a dit le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaaim, assurant que ces stocks étaient "suffisants pour six mois".

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