Algérie: répression policière lors des marches du Hirak

Infos. Les marches du mouvement pro-démocratie du Hirak en Algérie ont été marquées vendredi par des arrestations à Alger et la dispersion des manifestants par la police à Oran (nord-ouest), deuxième métropole du pays, et dans la ville voisine de Mostaganem.

Algérie: répression policière lors des marches du Hirak
A Alger, le militant et poète Mohamed Tadjadit et trois étudiants ont été arrêtés à la fin de la manifestation hebdomadaire qui a rassemblé des milliers de personnes dans le centre de la capitale, a indiqué le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien aux prisonniers d'opinion.Par ailleurs, les forces de l'ordre ont dispersé, en faisant usage de spray de gaz liquide, les manifestants à Oran ainsi qu'à Mostaganem dès le début du défilé, a précisé à l'AFP un journaliste local sous couvert de l'anonymat.Comme chaque vendredi depuis la reprise du Hirak le 22 février, les protestataires -- dont le nombre est difficile à évaluer en l'absence de chiffres officiels -- ont lancé des slogans hostiles au pouvoir et à l'armée, le pilier du régime. Ils ont fustigé la décision du président Abdelmadjid Tebboune d'organiser des élections législatives anticipées le 12 juin pour tenter de répondre à la grave crise politique et socio-économique qui ébranle le pays le plus peuplé du Maghreb."Pas d'élections avec la Bande (au pouvoir)", a scandé le cortège dans les rues d'Alger."L'Algérie est le seul pays au monde à vouloir organiser des élections sans peuple", a déploré un manifestant, Aziz Boucheban."La Caserne, à travers sa façade civile, convoque le corps électoral officiel, et le Peuple répond avec le vrai corps électoral dans la rue", a résumé ce commerçant de 33 ans.Face à la contestation populaire qui persiste, malgré des divisions, le régime apparaît déterminé à appliquer sa "feuille de route", à savoir le recours à un 3e scrutin depuis la fin 2019, en restant sourd aux aspirations du Hirak et alternant gestes d'apaisement et répression. Né en février 2019 du rejet massif d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, impotent et reclus, le Hirak réclame un changement radical du "système" politique en place depuis l'indépendance du pays en 1962, synonyme à ses yeux de corruption, de népotisme et d'autoritarisme. Ce mouvement populaire inédit en Algérie est pacifique, pluriel - des laïcs aux islamistes - et sans véritable leadership ni structure politique à ce jour.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Algérie: répression policière lors des marches du Hirak