Un témoin a évoqué à l'AFP des dizaines de morts.L'attaque a eu lieu dans l'Ouest d'une zone connue sous le nom de Wollega, où des soldats éthiopiens combattent un groupe armé appelé Armée de libération de l'Oromia (OLA), a indiqué le gouvernement régional dans un communiqué."Bien que (l'OLA) ait été affaiblie par les mesures prises par le gouvernement pour garantir l'état de droit, elle continue de mener par désespoir des attaques contre des civils", affirme le communiqué, qui ne donne pas de détail sur les victimes, ni sur la manière dont l'attaque a été menée.Aucun porte-parole des autorités régionales n'a répondu aux demandes de commentaires de l'AFP.Un habitant du district de Babo-Gembel, où l'attaque s'est déroulée, a raconté à l'AFP que des hommes armés étaient arrivés après 21H00 locales mardi, avaient forcé les gens à se rassembler dehors et les avaient abattus."L'endroit n'était pas protégé par les forces de sécurité gouvernementales à ce moment-là. J'ai trouvé 29 corps à un endroit et il y en avait d'autres éparpillés dans d'autres endroits proches", a détaillé cet homme, un garde d'une église orthodoxe, s'exprimant sous couvert d'anonymat.Des survivants d'attaques similaires menées récemment en Oromia - région dominée par le groupe ethnique le plus nombreux d'Ethiopie, les Oromos - ont accusé les combattants de l'OLA de cibler des Amharas, deuxième ethnie du pays en termes de population."A au moins trois reprises avant l'attaque, des dépliants ont été distribués dans la zone demandant le départ des Amharas", a indiqué le garde de l'église.L'OLA a nié toute responsabilité dans cette attaque, sa porte-parole Odaa Tarbil assurant sur Twitter que l'enquête "absoudrait à 100%" le groupe. Dans un communiqué cette semaine, l'OLA avait déjà nié prendre pour cible des civils amharas."L'Armée de libération des Oromo ne s'est jamais engagée à aucun moment dans des massacres ou des nettoyages ethniques", avait déclaré Odaa Tarbii, "il y a plusieurs milliers d'Amharas et membres d'autres groupes qui vivent en paix dans les zones que nous administrons et ils témoigneront que nous ne les traitons pas différemment".Tewodrose Tirfe, président de l'association des Amharas d'Amérique, basée à Washington, a de son côté affirmé mercredi qu'au "mois de mars, bien plus de 300 Amharas, dont des femmes et des enfants ont été massacrés par l'OLA" et a accusé le gouvernement éthiopien de rester "silencieux" sur ces tueries.L'OLA est issue d'une scission du Front de libération oromo (OLF), groupe d'opposition ayant renoncé à la lutte armée depuis le retour d'exil de ses dirigeants après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed, premier dirigeant éthiopien oromoIl n'y a pas de lien démontré entre les combats en Oromia et le conflit en cours dans la région septentrionale du Tigré, décrit par le gouvernement de M. Abiy comme une opération visant à arrêter et désarmer les dirigeants du parti au pouvoir dans la région, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Mais les autorités éthiopiennes accusent depuis longtemps le TPLF de s'associer à l'OLA pour alimenter la violence ethnique et saper l'autorité du gouvernement fédéral, une affirmation réitérée par le gouvernement régional de l'Oromia dans son communiqué.
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