A Ajdabiya, les ambulances affluent et les bombes approchent

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AJDABIYA (Libye) (AFP)

Sur la place centrale d'Ajdabiya, noeud de communication de l'Est libyen, des batteries anti-aériennes sont pointées vers le boulevard où les insurgés attendent les forces de Kadhafi.

Seul sur la place, un jeune homme brandit le drapeau noir, rouge et vert de l'insurrection.

La nuit a été plus calme que les deux jours précédents pour le principal hôpital de la ville.Les médecins disent avoir reçu du front "seulement" deux morts et un homme ayant eu une main arrachée.

Dans la matinée, les médecins trouvent même le temps de rire en montrant des tracts largués la veille par avion au-dessus de cette ville située à 160 km au sud du bastion de l'insurrcetion à Benghazi, et désormais en première ligne des combats entre forces gouvernementales et insurrection.

"Nous arrivons pour vous libérer des terroristes et des agents vendus", annoncent ces feuilles blanches couvertes d'une fine écriture noire, prévenant que les troupes gouvernementales fouilleront la ville maison par maison pour en extirper les "rats" après la prise de la ville.

Mais dans la matinée, des détonations et des tirs de batteries anti-aériennes commencent à retentir à l'ouest.Une voiture arrive en bringuebalant à l'hôpital, lacérée par des éclats d'une bombe.

Wajid al-Hasi un rebelle de 31 ans qui se trouvait sur la banquette arrière, est mort sur le coup.Une foule en colère se masse autour du véhicule pendant que les équipes médicales tentent de récupérer les lambeaux de chair dans la voiture.

Selon des habitants, des combats sporadiques se poursuivent à Brega, site pétrolier à 80 km à l'ouest repris dimanche par les forces gouvernementales, mais le poste de contrôle de la ligne de front proprement dite est désormais à 6 km à l'ouest d'Ajdabiya.

Les heures passent, et le bruit des bombes et de l'artillerie lourde se rapproche du centre-ville.A l'hôpital, les blessés affluent, dans des ambulances ou à l'arrière de pick-up, pour la plupart victimes de bombardements.Des insurgés, mais aussi un enfant d'une dizaine d'années.

Vers 15H00, deux morts et trois blessés dans un état critique arrivent à l'hôpital.Les médecins s'énervent contre les insurgés qui accompagnent leurs camarades, les accusant d'abandonner leur poste.

"Ce n'est pas que nous avons peur, mais le combat n'est pas égal", répond Sherif Layas, un responsable de marketing de 34 ans qui a rejoint la rébellion.

"Comment peut-on combattre les armes de Kadhafi avec des trucs comme ça?", demande-t-il en montrant sa kalachnikov à court de munitions.

Selon lui, les rebelles vont continuer à essayer de défendre Ajdabiya, comme le commandement de la rébellion l'a assuré.Mais il n'y a plus dans la ville que des volontaires, pas de soldats formés au combat.

"A moins que l'Otan n'intervienne, il va tous nous massacrer", déclare le docteur Souleiman al-Abeidi, venu de l'hôpital d'Al-Baïda, dans le nord-est du pays, pour aider l'insurrection.

"Nous sommes des civils.Que pouvons-nous faire contre des armes lourdes?Contre des chars, des roquettes Grad et des navires de guerre?", insiste ce médecin de 43 ans."Donnez-nous des chars, donnez-nous des avions, et nous ferons la besogne nous-mêmes".

Tout à coup, un raid aérien fait trembler la ville.Le rez-de-chaussée d'un immeuble de quatre étages est touché, et six membres d'une même famille sont blessés.Un homme, deux femmes et trois enfants âgés de 5 à 7 ans sont conduits à l'hôpital, selon un proche de la famille.

Selon les insurgés, les pro-Kadhafi ont coupé la route qui mène à Benghazi au nord.Beaucoup de civils et quelques rebelles tentent de quitter la ville vers Tobrouk à l'est.De longues files se forment devant les stations essence.

Dans l'après-midi, la télévision libyenne assure que la ville est aux mains des forces gouvernementales.Sur place, un journaliste de l'AFP constate que les rebelles sont toujours là.Certains commencent même à monter des barricades.

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