Vendredi, les partis des deux opposants les plus farouches au président Idriss Déby Itno, Saleh Kebzabo et Succès Masra, avaient convoqué chacun des "meetings" pour appeler les Tchadiens à boycotter le premier tour de la présidentielle du 11 avril.En fin d'après-midi, des dizaines de policiers anti-émeutes lourdement équipés ont encerclé le domicile de M. Kebzabo, qui a retiré récemment sa candidature au scrutin pour protester contre la "militarisation de la campagne électorale", a constaté l'AFP. C'est là que M. Kebzabo voulait tenir son meeting à la tête de son parti, l'Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR).Un peu plus tôt, les policiers avaient dispersé les quelques militants qui avaient commencé à braver l'interdiction du rassemblement par le maire de l'arrondissement. Face à des dizaines de véhicules de la police anti-émeute, seuls quelques badauds demeuraient aux alentours du domicile de l'opposant en début de soirée.Peu après, en fin d'après-midi, devant le siège du parti Les Transformateurs, du jeune Succès Masra, 38 ans, des policiers massivement déployés ont tiré des grenades lacrymogènes et quelques dizaines de ses partisans se sont enfuis, a-t-on constaté."Nous sommes encerclés au siège des Transformateurs par la police qui tire actuellement sur les militants venus assister au meeting pour dire non au 6ème mandat", a déclaré par téléphone à l'AFP M. Masra, affirmant qu'"une trentaine" de ses partisans "ont été arrêtés" et que deux ont été blessés "gravement" à l'oeil et à l'abdomen. Il n'a pas été possible de confirmer ces informations en début de soirée.Le président Idriss Déby Itno, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 30 ans, est assuré de remporter un sixième mandat selon les experts locaux et internationaux: son gouvernement musèle la frange de l'opposition qui appelle à une "alternance", en interdisant depuis des mois ses "marches pacifiques" et en dispersant violemment le moindre début de rassemblement.Amnesty international dénonce des "restrictions disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique" et des "arrestations arbitraires". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a récemment "déploré le recours à la force" dans le processus électoral.Après l'invalidation de sept candidatures, dont celle de M. Masra, et le retrait de trois autres prétendants, dont M. Kebzabo, M. Déby n'aura face à lui que six candidats de la frange "modérée" voire "contrôlée" par le pouvoir, selon les contempteurs du régime.
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