Quatre personnes ont été tuées mardi par des hommes armés dans un quartier résidentiel d'Abidjan près d'un barrage tenu par de jeunes partisans du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, dans un nouvel accès de violences dans la capitale économique.
Ce raid ciblé intervient après une attaque lundi des insurgés favorables à Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, sur un camp de policiers dans le quartier voisin d'Adjamé (nord).Les assaillants ont été repoussés par les militaires pro-Gbagbo.
Mardi, derrière un supermarché du quartier résidentiel de Cocody, des hommes armés non identifiés, arrivés à bord d'au moins un taxi à la hauteur d'un barrage tenu par des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo, ont ouvert le feu, faisant quatre morts, selon des témoins.
L'identité des victimes restait incertaine, certains témoins affirmant qu'il s'agissait de passants alors que d'autres assuraient que les tués étaient des jeunes pro-Gbagbo.
"J'ai vu trois personnes sortir d'un taxi, mitraillette au poing, et ils ont +rafalé+.Les personnes touchées sont des passants, c'est horrible", a indiqué un habitant, racontant que les agresseurs avaient "pris la fuite à bord du même taxi".
Un autre témoin a de son côté affirmé que les "quatre jeunes couchés" sur le sol étaient des partisans de M. Gbagbo.
Selon un autre habitant, les auteurs de l'attaque étaient des "rebelles", terme employé par le camp Gbagbo pour désigner les insurgés favorables à Alassane Ouattara.
Depuis le début de la crise née de la présidentielle de novembre 2010, près de 400 personnes ont été tuées selon l'ONU, ces affrontements menaçant de faire basculer le pays dans la guerre civile.
Les Ivoiriens restaient mardi suspendus aux annonces des deux rivaux: la télévision publique contrôlée par le président sortant Gbagbo a promis lundi soir que de "grandes décisions" seraient "arrêtées dans quelques heures" alors que le camp adverse annonçait une intervention de M. Ouattara mardi soir sur sa propre chaîne de télévision.
La pression internationale demeurait forte: les chefs de la diplomatie des huit pays les plus industrialisés (G8) ont réaffirmé à Paris leur soutien à Alassane Ouattara et évoqué la possibilité de "nouvelles sanctions" à l'égard de "ceux qui font obstacle à une solution pacifique".
Lundi, dans le quartier d'Adjamé, les combats avaient été "très très durs", a raconté mardi à l'AFP un des policiers qui avaient défendu face aux insurgés le camp CRS du secteur de Williamsville, soulignant que les forces pro-Gbagbo avaient réussi à en garder le contrôle.
Les insurgés "étaient déterminés, ils escaladaient les murs comme des commandos, ils étaient nombreux", a-t-il ajouté.
Les Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à M. Gbagbo ont repoussé les insurgés avec des armes lourdes et des renforts venus du camp de gendarmerie d'Agban, le plus grand du pays, situé aussi à Williamsville, un peu au sud-est du camp CRS.
"Sans l'appui des militaires d'Agban, le camp CRS serait tombé", a reconnu le policier du camp attaqué.Le camp d'Agban abrite le commandement de la gendarmerie, des unités d'intervention et de blindés.
Ces deux camps hautement stratégiques contrôlent l'accès au quartier du Plateau, coeur du pouvoir où est situé le palais présidentiel de Laurent Gbagbo.
Les insurgés avaient lancé leur offensive sur le camp CRS depuis la zone nord de la métropole ivoirienne, notamment du quartier voisin d'Abobo, qu'ils contrôlent en grande partie.
Lundi matin, une attaque avait aussi eu lieu à Abidjan près de la résidence privée du général Philippe Mangou, chef d'état-major des FDS, dans le quartier de Yopougon (ouest), bastion du président sortant visé pour la première fois depuis le début de la crise.
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