"Le juge que je suis n'est pas indépendant", a affirmé lundi matin Essowé Batamoussi, magistrat de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) dans un entretien diffusé par Radio France Internationale (RFI)."Toutes les décisions que nous avons été amenés à prendre l'ont été sur pression, y compris celle qui a vu le placement de dame Reckya Madougou en détention", a déclaré le juge, en charge du dossier de cette opposante, incarcérée début mars et accusée d'avoir "planifié des exécutions en série de personnalités politiques"."Dans ce dossier, nous avons été sollicités par la chancellerie car le dossier ne comportait aucun élément qui pouvait nous décider à la mettre en détention", a poursuivi Essowé Batamoussi, indiquant qu'il souhaitait "aider les collègues qui sont sous pression et amener le peuple à savoir qu'ils n'agissent pas de leur plein gré.""Il s'agit d'une manipulation politique", a rétorqué lundi le ministre de la Justice du Bénin, Séverin Quenum dans un communiqué. "De fortes sommes d'argent provenant de pays voisins sont offertes ici et là pour rallier diverses personnalités civiles ou militaires à l'entreprise de déstabilisation de l'Etat", a-t-il accusé, affirmant même que "des appels à coup d'Etat ont été lancés". La Criet est une Cour spéciale mise en place par le pouvoir de Patrice Talon et accusée par ses détracteurs de servir d'instrument judiciaire pour museler l'opposition. Juge de la chambre des libertés de la Criet, Essowé Batamoussi est décrit à l'AFP comme "rigoureux et très exigeant" par l'un de ses collègues.Le Bénin votera dimanche pour une présidentielle qui s'annonce sans surprise, lors de laquelle le président Patrice Talon, accusé d'avoir verrouillé le scrutin, fera face à deux candidats de l'opposition sans aucun poids politique.Sébastien Ajavon, important opposant arrivé troisième lors de la précédente présidentielle et déjà condamné par la Criet en 2018 à 20 ans de prison pour trafic de drogue, a été à nouveau condamné début mars par contumace à une deuxième peine de cinq de prison ferme pour "faux, usage de faux et escroquerie".Il vit actuellement en exil, comme la grande majorité des opposants de poids.Au moment de son élection en 2016, M. Talon avait affirmé vouloir effectuer un unique mandat, avant de se rétracter et d'annoncer sa candidature mi-janvier pour le scrutin du 11 avril.
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