Incidents dans plusieurs villes du Bénin à l'approche de la présidentielle

Infos. Le calme n'était toujours pas revenu mardi soir après des incidents dans plusieurs villes du Bénin, où des manifestants ont brûlé des biens appartenant à des députés affiliés au pouvoir et bloqué des routes à quelques jours de la présidentielle, selon des sources locales.

Incidents dans plusieurs villes du Bénin à l'approche de la présidentielle
Dans la commune de Savè (centre-nord), fief de l'ancien président Boni Yayi, où des manifestations avaient fait plusieurs morts en 2019 après des affrontements entre militaires et habitants, des jeunes en colère ont saccagé un poste de péage à l'entrée de la ville. Des passagers en déplacement vers le nord du pays ont dû renoncer à poursuivre leur route, ont rapporté à l'AFP plusieurs sources locales. "Une dizaine de jeunes dépeçaient les installations du péage" pendant que "d'autres scandaient des slogans hostiles au président Patrice Talon", a raconté Simboti Tcheitcha Victorine, une automobiliste qui a dû "se replier vers Dassa", une ville voisine.Des motos et plusieurs véhicules ont également été brûlés dans le domicile d'un député pro-Talon, ont confirmé des sources locales.Vers le nord, l'axe Savè-Tchaourou était toujours bloqué mardi après-midi par des troncs d'arbre et des pneus brûlés, ont rapporté des témoinsA Tchaourou, ville natale de M. Boni Yayi, de jeunes manifestants ont tenté d'attaquer un véhicule militaire, mais une source militaire a assuré à l'AFP que "le conducteur et le véhicule n'ont subi aucun impact et sont revenus à la base". Plusieurs coordinations communales de campagne ont également annulé leur meetings politiques dans le nord du pays et ont appelé les militants à rester chez eux. Patrice Talon, élu en 2016, brigue un second mandat dimanche, face à deux candidats inconnus des électeurs et sans poids politique, Alassane Soumanou, et Corentin Kohoué. Les principales figures de l'opposition vivent en exil ou ont vu leur candidature recalée, en raison de réformes politiques et institutionnelles contestées par une bonne partie de la classe politique.A l'appel de plusieurs figures de l'opposition en exil dans des vidéos diffusées ce weekend, des groupes allant de plusieurs dizaines à quelques centaines de manifestants se sont rassemblés dès lundi soir dans plusieurs villes du pays, connues pour être plutôt favorables à l'opposition.A Parakou (nord), le siège de campagne de M. Talon a été entièrement vandalisé, de même que les locaux d'une radio privée proche du pouvoir, et ceux d'une télévision en ligne. A Cotonou, la capitale économique, place de l'Etoile-rouge, quelques dizaines de manifestants ont incendié des pneus, dont les traces étaient encore visible mardi matin sur le goudron calciné, ont constaté des journalistes de l'AFP, mais la circulation avait totalement repris dans la journée. Le porte-parole du gouvernement Alain Orounla a assuré à une radio locale que "l'élection aura bien lieu le 11 avril". "Ces oiseaux de mauvais augure qui appellent à l'insurrection se sont bien tenus à l'écart", a-t-il dit, accusant les opposants d'"appeler les populations à aller sacrifier leurs vies". Lundi, un juge a fui le pays et avoué avoir reçu des pressions de la chancellerie pour faire condamner et mettre en détention une opposante politique début mars. Au moment de son élection, M. Talon avait affirmé vouloir effectuer un unique mandat, avant de se rétracter et d'annoncer sa candidature en janvier. Il est accusé d'avoir fait prendre un tournant autoritaire au Bénin, réputé pour être un pays stable et démocratique.

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