Le Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (Mend), le principal groupe armé du sud du Nigeria, a revendiqué mercredi la responsabilité de l'attentat qui a visé une installation de la compagnie pétrolière italienne Agip.
L'attentat, qui n'a pas fait de victimes, survient un mois avant les élections présidentielle et locales dans ce pays
"Cette attaque est destinée à marquer le début de notre campagne contre l'industrie pétrolière du Nigeria.Avec d'autres attaques contre des oléoducs et des plate-formes pétrolières qui vont se produire les jours prochains, elle est un rappel au gouvernement et au public de ne pas prendre nos avertissements à la légère", a dit le groupe dans un communiqué transmis par courrier électronique.
L'attentat à l'explosif contre l'installation d'Agip s'est produit dans la nuit de mardi à mercredi dans la principale région pétrolifère du sud du Nigeria, a déclaré un responsable de la sécurité.
"Il s'est avéré qu'il y avait eu une explosion dans une installation d'Agip la nuit dernière vers 23H30", a dit le responsable qui a requis l'anonymat.
L'explosion a eu lieu au troisième niveau d'une plateforme pétrolière flottante d'Agip à Clough Creek, a précisé un autre responsable de la sécurité.
Le porte-parole militaire pour la région du delta du Niger où s'est produit l'attentat, le lieutenant colonel Timothy Antigha, avait dans un premier temps nié que des installations du pétrolier italien aient été visées par l'attentat qui, selon lui, n'a pas fait de victime.
La société italienne ENI, dont dépend Agip, a refusé de commenter les informations.
Le porte-parole militaire a déclaré que "l'explosion de dynamite avait des motivations politiques".Elle est survenue dans l'Etat de Bayelsa, dans une zone dite Ward 11, après qu'un ancien militant candidat à un poste local n'a pas payé ses partisans comme il le leur avait promis.
Le responsable de la sécurité interrogé sous couvert de l'anonymat a estimé qu'il s'agissait d'un "incident isolé" ne constituant pas le prélude à une vague de violences avant les élections générales du mois prochain.
Le Mend avait menacé lundi de commettre des attentats à la bombe et lancer des attaques sur les installations pétrolières avant les élections générales d'avril.
Le lieutenent colonel Antigha a exclu toute relation entre ces menaces et l'explosion de Ward 11.
Le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, organise sa présidentielle le 9 avril, une semaine après des élections législatives le 2 avril et une semaine avant celles des gouverneurs et des assemblées des 36 Etats composant la fédération.Quelque 73,5 millions d'inscrits sont appelés aux urnes.
L'approche des scrutins a déjà produit un regain de tension dans le pays où plus de 50 personnes depuis novembre ont été tuées dans des violences pré-électorales, selon Human Rights Watch (HRW) qui s'attend à une aggravation d'ici les élections.
Le Mend affirme se battre au nom d'une plus juste répartition de la manne pétrolière, en faveur des populations du delta du Niger qui vivent dans la pauvreté.
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