Après un demi-siècle de règne, Goodwill Zwelithini est décédé vendredi à l'aube. Il avait été hospitalisé en février, souffrant de diabète.Dans l'enceinte du palais, des groupes d'hommes ont entonné, en marchant, des chants lancinants en langue zouloue, en hommage à leur souverain, selon des images retransmises par des télévisions locales. Roi sans pouvoir dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, mais très écouté de son peuple et à la parole parfois incendiaire, il exerçait une influence morale sur plus de onze millions de Zoulous, le plus important groupe ethnique du pays.Parti quelques heures plus tôt d'un hôpital de Durban, chef-lieu de la province du Kwazulu Natal (Nord-Est), le cortège de voitures conduisant la dépouille royale est arrivé dans la petite ville de Nangoma en fin d'après-midi. Sur le bord des routes, des hommes et des femmes poussaient des cris aigus au passage des voitures. Des groupes d'"amathubo" (guerriers) en peaux de léopard étaient présents dès la sortie de l'hôpital. Traditionnellement, le corps du roi est exposé au palais avant les funérailles. Mais en raison de la pandémie de Covid-19, la royauté a annoncé samedi que le souverain défunt ne sera pas visible et a appelé les gens à ne pas s'y rendre. "Les funérailles officielles seront diffusées en direct à la télévision, afin que la nation puisse honorer Sa Majesté depuis chez elle", a déclaré le prince zoulou Mangosuthu Buthelezi. Beaucoup de mystère entoure cet enterrement: le lieu et la date restent secrets, "on a été informé que ça se passera avant jeudi", a donné pour toute information Sihawukele Ngubane, dans le cercle de la famille royale. Saluant "un symbole important de l'histoire", le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait annoncé la veille des funérailles nationales. Et les drapeaux resteront en berne dans tout le pays jusqu'au soir de la cérémonie.Les chefs traditionnels sont reconnus par la Constitution et continuent à jouer un rôle symbolique en Afrique du Sud. Aussi vénéré que controversé, Goodwill Zwelithini était notamment connu pour ses propos outranciers sur les étrangers, qu'il avait qualifiés notamment de "poux" ou de "fourmis". Ou encore sur les homosexuels "pourris". Réunie samedi la famille royale devra encore désigner un successeur au roi, pour l'instant inconnu.
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