"Lorsque des policiers s'activaient à dégager une barrière sur la voie publique, il y a eu des jets de pierres. Malheureusement, un manifestant a trouvé la mort, atteint par une balle perdue", a déclaré à l'AFP, sans préciser l'origine des tirs, le colonel Jean-Paul Ngoma, chef de la police de Butembo, ville de la province du Nord-Kivu.A l'appel de mouvements citoyens et de groupes de pression, une grève générale de dix jours a commencé lundi dans la région de Béni pour protester contre la poursuite des massacres dans l'Est de la RDC et réclamer le départ de la Monusco, la Mission de l'ONU en RDC. Des activités sont paralysées à Butembo, carrefour commercial de plus d'un million d'habitants, ainsi qu'à Beni-ville et Oïcha.Le maire de Butembo, Sylvain Mbusa Kanyamanda, a déclaré à l'AFP avoir "ordonné l'arrestation du suspect, un policier identifié par des témoins, ainsi que tous les autres policiers présents dans le périmètre pour des besoins d'enquête".Le "seul tort" de la victime "est d'avoir exigé le départ de la Monusco de notre ville (Butembo), parce que les Casques bleus ne font absolument rien pour protéger des civils contre les massacres", a indiqué à l'AFP Léon Tsongo, un des responsables du groupe de pression "Parlement debout" qui organisait avec d'autres la manifestation."On ne va plus reculer jusqu'à obtenir le départ du dernier contingent des Casques bleus", a-t-il ajouté.-Soutien à la mission de l'ONU-La délégation de l'Union européenne et les représentations diplomatiques occidentales ont, dans une déclaration conjointe, exprimé vendredi leur soutien à la Monusco."Nous soutenons (...) les autorités de l'Etat congolais ainsi que la mission de l'ONU (Monusco) dans leur travail continu pour protéger la population civile et éliminer la menace posée par les groupes armés", selon ce document signé par 18 pays parmi lesquels les Etats-Unis, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni.Les représentations signataires ont par ailleurs affirmé soutenir "le droit de la population de l'Est de la RDC à se rassembler et manifester pacifiquement afin de faire entendre sa voix". Elles ont aussi appelé les forces de sécurité à "encadrer" d'éventuelles manifestations.Les attaques des groupes armés sont fréquentes dans Beni et ses environs. Vendredi, cinq personnes ont été tuées sur la route Beni-Kasindi dans une embuscade d'hommes armés contre des transporteurs routiers, a inidqué leur syndicat.Dans cette zone, des membres du groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusés d'avoir tué plus 1.840 civils depuis avril 2017, d'après les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).Ils sont considérés actuellement comme les plus violents des 122 groupes armés actifs dans l'Est de la RDC. Leurs attaques touchent depuis quelques mois les territoires voisins d'Irumu et Mambasa, dans la province de l'Ituri.
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