Les Egyptiens se sont massivement rendus aux urnes samedi pour un référendum constitutionnel, premier vote depuis la chute du président Moubarak au cours duquel l'opposant Mohamed ElBaradei a été attaqué à coups de pierres.
Les résultats du scrutin, dont pourraient dépendre le rythme et les modalités du retour à un pouvoir civil élu promis par l'armée qui dirige le pays, doivent être annoncés dimanche.
De longues files d'attente se sont formées devant de nombreux bureaux de vote du Caire et en province, pour ce scrutin présenté comme un exercice démocratique après des décennies d'élections truquées.
Mais signe des tensions qui persistent dans le pays, l'opposant Mohamed ElBaradei, partisan d'un rejet des réformes proposées, a été attaqué par des centaines de personnes qui ont jeté des pierres et des chaussures dans sa direction alors qu'il allait voter dans un quartier pauvre de la capitale.
L'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la Paix a reçu au moins une pierre dans le dos, mais selon son frère Ali, il n'a pas été blessé.
M. ElBaradei, candidat potentiel à la présidence, a dénoncé l'acte de "voyous organisés", en majorité des islamistes selon des journalistes de l'AFP, et dénoncé comme "irresponsable" la tenue d'un référendum "sans sécurité".
A Alexandrie (nord), certaines files d'attente devant les bureaux de vote ont atteint 300 mètres de long.L'affluence a aussi été forte dans plusieurs villes sur les bords du canal de Suez, dans le delta du Nil et dans le Sinaï.
Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, de nationalité égyptienne et à l'ambition présidentielle affichée, s'est félicité de cette participation.
"Peu importe que les gens votent oui ou non.Ce qui est important, c'est que les électeurs se déplacent.Nous avons besoin d'une nouvelle Egypte", a déclaré M. Moussa, lui-même adversaire de la réforme proposée.
"C'est un jour de joie.Avant, on avait des résultats préparés d'avance.Maintenant, personne ne peut pronostiquer le résultat", a déclaré le guide des Frères musulmans, Mohamed Badie, après avoir voté.
Les partisans de la révision sont favorables à une transition rapide avec des changements limités de la Constitution héritée de l'époque autoritaire de Hosni Moubarak.Le camp adverse plaide pour une nouvelle loi fondamentale, quitte à prolonger la période d'incertitude politique.
"Il nous faut une nouvelle Constitution, et il faut nous donner du temps pour que les jeunes qui ont fait la révolution puissent former des partis", a affirmé Mohammed Mahmoud, un retraité du Caire hostile à une révision partielle de la Constitution.
"Nous voulons la stabilité.Nous n'avons pas le temps de nous lancer dans l'élaboration d'une nouvelle Constitution", a plaidé à l'inverse Hamdi Mohamed Badri, un enseignant de 46 ans votant à Imbaba, un quartier populaire de la capitale.
Les principales modifications concernent la durée d'une présidence, qui pourrait être limitée à deux mandats maximum de quatre ans chacun --contre des mandats de six ans illimités jusqu'à présent-- et l'assouplissement des conditions de candidature à la magistrature suprême.
Les amendements ont été préparés par une commission de juristes nommée par l'armée, qui gère le pays depuis la démission de M. Moubarak le 11 février sous la pression de la rue.
Si la révision l'emporte, l'armée entend passer rapidement à l'organisation d'élections législatives et présidentielle, en principe sous six mois.
En cas de rejet de cette réforme, les militaires ont fait savoir qu'ils feraient une "déclaration constitutionnelle limitée" pour organiser la suite de la transition promise vers un système démocratique, sans donner plus de détails.
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